Contre La sansure

Le parti de Gbagbo saisit le Conseil constitutionnel

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Le PPA-CI, le parti de l’ex-président ivoirien, Laurent Gbagbo, annonce avoir adressé au Conseil constitutionnel des observations écrites remettant en cause la légalité de la candidature d’Alassane Ouattara, pour un 4ᵉ mandat, et défendant une « légalité irréprochable » de celle de son leader.

Justin Koné Katinan, le président du Conseil stratégie et politique (CSP) du PPA-CI, s’est exprimé ce mardi 2 septembre 2025, sur les dossiers de candidatures à l’élection présidentielle d’octobre 2025 remis au Conseil constitutionnel.

Le président du Conseil stratégie et politique du PPA-CI a souligné que le parti et son leader, Laurent Gbagbo, n’ont eu de cesse « d’interpeller le gouvernement et le chef de l’État sur la nécessité de créer les conditions d’une élection paisible qui exclut l’arbitraire. »

Il a rappelé que le PPA-CI s’est « prêté à tous les exercices qui sont de nature à prévenir le retour vers un passé sombre, très récent de l’histoire du pays ». Dans cette logique, le parti a déposé le dimanche 31 août 2025 ses observations écrites au Conseil constitutionnel relativement à la présidentielle du 25 octobre 2025.

Ces observations, a-t-il relevé, portent essentiellement sur deux points, notamment « l’illégalité de la candidature de Ouattara Alassane à un 4ᵉ mandat et la légalité irréprochable de la candidature de Laurent Gbagbo. »

Sur l’illégalité de la candidature du chef de l’État, Alassane Ouattara, le PPA-CI s’est appuyé sur les articles 55 et 183 de la Constitution ivoirienne. Pour le parti de l’ex-président ivoirien, Laurent Gbagbo, le 4e mandat de l’actuel chef de l’Etat est « anticonstitutionnel. »

L’article 55 de 2016 stipule que le président de la République est élu pour cinq ans et n’est rééligible qu’une seule fois, souligne Katinan Koné qui note que cette disposition est identique à celle de la Constitution de 2000 (article 35), ce qui signifie, qu’il « n’existe aucun conflit entre les deux textes ».

L’article 183, relatif aux dispositions transitoires, quant à lui, précise que les lois antérieures restent valables tant qu’elles ne sont pas contraires à la nouvelle Constitution, ajoute le président du Conseil stratégie et politique du PPA-CI.

Or, la « limitation à deux mandats étant inchangée, les mandats accomplis sous l’ancienne Constitution comptent. Lorsque la Constitution de 2016 a été adoptée, M. Ouattara était déjà en second mandat, ce qui épuisait définitivement son droit à candidature », a-t-il ajouté.

Katinan Koné a déclaré que le PPA-CI rejette l’argument d’une « remise à zéro des mandats ou d’une prétendue continuité légale » en cas de changement de la Constitution, soutenant que la répétition d’une violation ne crée pas la légalité.

De plus, avance Koné Katinan, « l’exception accordée en 2010 pour permettre sa candidature ne saurait justifier une violation permanente de la loi fondamentale ». De ce fait, « le PPA-CI s’oppose et s’opposera par tous les moyens légaux et pacifiques à ce 4ᵉ mandat ».

La lettre à l’attention du Conseil constitutionnel vise à attirer son attention sur sa responsabilité devant l’histoire, a-t-il poursuivi. Pour lui, « il est de la responsabilité du Conseil constitutionnel d’éviter à la Côte d’Ivoire une autre page sombre de son histoire à cause d’une élection ».

Il a appelé à ce que « le RHDP (parti au pouvoir) et son président demandent une capitulation pure et simple de ses principaux adversaires dont Laurent Gbagbo ». Car, le PPA-CI s’oppose à ce 4e mandat et l’a signifié au Conseil constitutionnel avec des arguments de droit.

En ce qui concerne la légalité de la candidature de Gbagbo, il a confié qu’elle respecte les dispositions de l’article 55, alinéa 3 de la Constitution, qui stipule que le candidat à l’élection présidentielle doit jouir de ses droits civils et politiques, avoir au moins 35 ans, et être exclusivement Ivoirien.

Notant qu’aucun texte « infra-constitutionnel ne peut ajouter d’autres conditions au-delà de celles-ci sans être frappé d’inconstitutionnalité », Katinan Koné a confirmé que Laurent Gbagbo remplit les conditions liées à l’âge et jouit de tous ses droits civils et politiques.

Il a précisé, par ailleurs, qu’aucun « acte ou décision judiciaire portant déchéance de ses droits civiques et politiques ne lui a jamais été signifié ». Par conséquent, le RHDP attend de lui « une simple capitulation ».

« Le PPA-CI refuse la capitulation devant l’arbitraire et s’oppose à cette autre humiliation de son président », a-t-il lancé, affirmant que « le RHDP ne nous laisse aucun autre choix que d’aller à la confrontation politique, sauf si le Conseil constitutionnel en décide autrement dans l’intérêt primordial de la nation. »

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