Le ralliement de l’avocat d’Aliou Bah à GMD de Mamadi Doumbouya suscite des vives réactions….
A deux semaines des élections présidentielles prévues le 28 septembre 2025, l’avocat d’Aliou Bah, Président du MoDeL, condamné à 2 ans de prison ferme et incarcéré à la Maison centrale de Conakry, annonce son ralliement à GMD du Chef de la junte, Mamadi Doumbouya, candidat au scrutin.
Dans une sortie controversée sur les réseaux sociaux, Me Galissa Hady Diallo, à la tête d’un mouvement politique dénommé la Nouvelle Convergence Républicaine (NCR) annonce son soutien au candidat Mamadi Doumbouya à la présidentielle du 28 décembre prochain.
Cette sortie de cet avocat qui défendait le jeune leader Aliou Bah, injustement incarcéré à la Maison Centrale de Conakry, suscite de vives réactions des internautes et dans les milieux politiques guinéens.
A travers un ‘’Droit de réponse posté sur sa page facebook’’, Thiewirê Diallo Secrétaire fédéral de l’UFDG de Chypre, rappelle tout simplement à cet avocat que : « L’histoire retiendra les positions de chacun. Il est encore temps de choisir d’être du côté de la justice, de la cohérence et de la vérité ».

Nous vous livrons le contenu de la réaction du Secrétaire fédéral de l’UFDG de Chypre.
‘’Droit de Réponse à Maître Galissa Diallo par Thiewirê Diallo
Maître Galissa Diallo,
Votre récente déclaration de soutien à Mamadi Doumbouya, alors même que votre client Aliou Bah, leader du Mouvement Démocratique Libéral (MoDel), demeure incarcéré pour des propos critiques envers les autorités, suscite de nombreuses interrogations.
En tant qu’avocat engagé dans la défense des droits et libertés fondamentales, et par ailleurs acteur politique à la tête de la Nouvelle Convergence Républicaine (NCR), votre position interpelle. Vous avez vous-même dénoncé publiquement la condamnation de M. Bah à deux ans de prison ferme comme une « injustice judiciaire » et un « déni de justice ». Vous avez souligné que le procès en appel n’a pas permis de réexaminer l’affaire sur le fond, ce qui constitue une entorse aux principes élémentaires du droit.
Dans ce contexte, votre soutien affiché au président de la transition, le général Mamadi Doumbouya, peut être perçu comme paradoxal, voire contradictoire. Il est légitime de se demander comment concilier la défense d’un opposant politique condamné pour ses opinions avec un appui à l’autorité qui incarne le pouvoir en place, responsable de cette répression.
Votre double casquette d’avocat et de leader politique vous confère une responsabilité particulière : celle de la cohérence entre vos engagements professionnels et vos prises de position publiques. Le peuple guinéen, épris de justice et de vérité, mérite des explications claires sur les motivations de votre soutien, surtout dans un climat où la liberté d’expression semble menacée.
Nous vous invitons donc, dans un souci de transparence et de respect pour les principes démocratiques que vous défendez, à clarifier votre position. Est-ce un soutien à une vision de réforme institutionnelle, ou une adhésion à une gouvernance qui, dans les faits, emprisonne ceux qui osent critiquer ?
L’histoire retiendra les positions de chacun. Il est encore temps de choisir d’être du côté de la justice, de la cohérence et de la vérité. »
@à la une
Thiewirê Diallo (Secrétaire fédéral de l’UFDG de Chypre)
Sur sa page facebook, un viel ami de Galissa Hady Diallo se dit profondément indigné de ce retournement de veste de l’avocat.
Dans son post, Hectorson De Macenta (son nom sur facebook), s’adressant à l’avocat d’Aliou Bah, parle d’un garçon ‘’totalement différent, perdu……complètement en tête-à-queue avec les valeurs qu’il semblait défendre il y a encore peu…’’ Il promet d’ailleurs de le retirer sur la liste de ses amis sur facebook.·
Lisez plutôt son post sur sa page facebook :
ÉPÎTRE À UN VIEIL AMI
Cher Galissa Hady Diallo,
Accepte de lire ces quelques lignes venant d’un vieux compagnon.
Nous sommes arrivés au Maroc en 2010, lauréats de la même promotion, pleins de rêves pour notre pays.
Des années ont passé, on s’est retrouvé en France, chacun poursuivant ses projets. Mais nous sommes toujours restés en contact : on s’appelait souvent pour échanger au téléphone et partager notre amertume commune de la dictature en cours dans notre pays et comment la combattre…
À chaque fois que tu as eu une idée, un projet politique, activiste… Tu m’as invité à joindre nos forces, aussi et ainsi, avons-nous gardé un lien marqué par une estime mutuelle.
Je me souviens encore de la fierté que j’ai ressentie quand tu es entré en Guinée pour exercer le droit en tant qu’avocat, je n’ai pu m’empêcher de faire une publication pour te signifier ce sentiment de fierté : j’étais convaincu que tu tiendrais bon dans cette tempête nauséabonde où les valeurs n’ont plus aucune importance.
C’est donc avec un très grand inconfort et une grande peine que j’ai appris tes récentes positions dans un contexte marqué par de très graves violations des droits humains auxquels tu semblais tant tenir.
En écoutant ton interview de ce jour, j’ai vu un garçon totalement différent, perdu (ou qui s’est enfin révélé ?), mais somme toute complètement en tête-à-queue avec les valeurs qu’il semblait défendre il y a encore peu…
Tu as essayé très maladroitement de justifier ton retournement de veste par ta liberté légale de choix politique. Mais au-delà de la loi, de ce qu’elle permet ou pas, chaque homme obéit à un code éthique personnel : dicté par la morale, l’éducation, la classe, la bienveillance, la foi… autrement, rien ne nous différencierait des animaux.
J’ai été particulièrement touché par le fait que tu revendiques publiquement ta liberté politique de rejoindre le bourreau d’un client que tu as défendu publiquement en tant qu’avocat et qui croupît injustement dans les geôles du despote auquel tu sembles soudainement découvrir des vertus démocratiques…
Tu ne me dois absolument rien, tu ne m’as jamais rien dû ! Pourtant, je ne puis m’empêcher aujourd’hui de ressentir une forme de trahison, ne serait-ce que pour tous ces temps passés à échanger avec toi sur des valeurs qui n’ont manifestement aucune importance pour toi.
Aussi, ai-je décidé, pour me préserver de tes prochaines publications de propagande, de te retirer de mes amis Facebook. C’est triste de devoir en arriver là, mais j’avoue être particulièrement agacé par tes récentes publications…
J’espère sincèrement que tu trouveras ce que tu cherches !
Mais tu viens d’emprunter un chemin à sens unique ! », regrette-t-il.
»… au MoDeL nous continuons à travailler pour la libération du président… »
De son côté, le MoDeL d’Aliou Bah visiblement surpris de ce revirement de l’avocat se dit plutôt préoccupé de la libération du Président du parti.

Interrogé sur sujet par nos confrères d’Africaguinee, le Vice-président du MoDeL M. Abdoulaye Amie Soumah, dit continuer à travailler pour la libération d’Aliou Bah.
« Comme vous, nous avons également suivi les sorties de Maître Galissa Hady Diallo. Nous laissons le soin à chacun d’interpréter la situation, mais au MoDeL nous continuons à travailler pour la libération du président [Aliou Bah] et pour la mission qu’il nous a confiée. », a-t-il laissé entendre.
Alors que les principaux poids lourds de la politique guinéenne (UFDG, RPG, UFR) sont exclus du scrutin présidentiel, Aliou Bah du MoDeL continue à purger sa peine à la Maison centrale de Conakry et contre toute attente, son avocat tente de se rapprocher des autorités de transition.
Affaire à suivre…..
