Contre La sansure

Les amuseurs publics de la confusion

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Ils ont cru que la turbulence actuelle de la scène politique leur offrait une occasion en or pour sortir du bois. Joachim Baba Millimouno et Samuel Kourouma, deux noms qu’on n’entend d’ordinaire que dans les marges, se sont soudainement pris pour des stratèges de la République.
L’un, Joachim, se déguise en tribun de la jeunesse, brandissant Chinua Achebe comme un gri-gri littéraire. L’autre, Samuel, se déguise en modéré, adressant une lettre mielleuse au président de l’UFDG, comme un apprenti prêtre venu donner une leçon de morale. Deux styles, une seule manœuvre : profiter des secousses pour semer la confusion et préparer leur pitoyable carrière de figurants.
Ils se trompent lourdement. Ce qu’ils prennent pour un moment de crise politique n’est rien d’autre qu’une épreuve de vérité. Et dans ce test, ce ne sont pas les bavards qui gagnent, ce sont les constants. Joachim et Samuel, eux, n’ont que leurs plumes trempées dans l’eau tiède et leur vanité pour toute arme. Ils se présentent en réformateurs mais ne sont que les griots attardés d’un pouvoir qui les manipule comme des marionnettes. Ils crient à la crise pour se donner de l’importance, mais tout le monde sait qu’ils ne pèsent rien.
Leur stratégie est risible. Joachim se croit révolutionnaire en recopiant Achebe comme un élève en mal de dissertation. Il parle de mission, d’opacité, de jeunesse lucide… mais en réalité, il n’a jamais porté autre chose qu’un stylo acheté dans une librairie de quartier. Quant à Samuel, il nous vend la présidence d’honneur, la réintégration des exclus, le congrès unitaire… bref, il ne propose rien d’autre qu’un enterrement politique de première classe pour Cellou Dalein, enveloppé dans du papier cadeau. Son hypocrisie est si grossière qu’elle en devient comique.
Ce tandem improvisé n’est pas une alternative, c’est une blague. Deux amuseurs publics qui confondent crise politique et opportunité, trahison et courage. Ils ne défendent pas la République, ils défendent leur survie politique en rampant vers leur nouveau mentor et son boubou constitutionnel. Ils sont paniqués, car ils savent qu’après le 5 septembre, il n’y aura plus ni place ni temps pour les petits plaisantins. L’histoire avance sans eux.
Qu’ils comprennent ceci : Cellou Dalein Diallo a affronté l’exil, les balles, les gaz, la spoliation et la traque permanente. Il a payé un prix qu’aucun de ces scribouillards ne serait capable d’assumer. Pendant que lui porte le poids de la résistance, Joachim et Samuel font la sieste en rêvant de postes et de titres. Et maintenant, ils osent parler de cohésion, de réforme et d’avenir ? Qu’ils se regardent dans un miroir : ils sont les caricatures vivantes de la lâcheté déguisée en courage.
Joachim B Millimouno
Samuel Kourouma
Leurs tribunes resteront ce qu’elles sont : des bulles de savon éclatées par le vent. Qu’ils se consolent avec leurs illusions, car dans la mémoire collective, ils ne seront jamais des bâtisseurs, seulement des figurants pathétiques. La République n’a pas besoin de leurs bavardages. La jeunesse guinéenne n’a pas besoin de leurs sermons de circonstance. L’UFDG n’a pas besoin de leurs manœuvres minables.
À ceux qui rêvent de s’ériger en prophètes de crise, rappelons une évidence : on ne bâtit pas un avenir en poignardant son héritage. On ne construit pas une maison en brûlant ses fondations. Et surtout, on ne trompe pas un peuple qui a appris à reconnaître les marchands d’illusions. Joachim, Samuel et leurs semblables ne sont pas des réformateurs. Ils sont les pitres de la transition, les saltimbanques de l’opportunisme, les parasites d’un combat qu’ils n’ont jamais mené.
Qu’ils se taisent ou qu’ils assument leur soumission. Mais qu’ils cessent de prendre la jeunesse guinéenne pour un public de spectacle. La farce est terminée. L’histoire les a déjà jetés dans les coulisses.
Alpha Issagha Diallo
Militant, témoin du réel
Cauchemar des Réformateurs
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