Les insolites du Mondial – 1982 : le cheikh koweïtien, ce douzième homme que l’on n’attendait pas
En 1982, en Espagne, les Bleus dominent le Koweït et inscrivent un quatrième but à la 80e minute. Un but contesté par les Koweïtiens, bientôt soutenus par le frère de l’émir du pays, assis en tribune officielle, qui sort de ses gonds et descend sur le terrain.
Par Nicolas Richaud
« L’arbitre a toujours raison, même quand il a tort », dit l’adage sportif qu’a longtemps dû ignorer le cheikh Fahid Al-Ahmad Al-Sabah. Lors du Mondial 1982 en Espagne, la France affronte le Koweït. Après un début poussif contre les Anglais (1-3), ce deuxième match est déjà décisif pour les Bleus.
Emmenés par Michel Platini, les tricolores font le job et mènent 3-1 à dix minutes de la fin. Sur une nouvelle action, le numéro 10, qui va bientôt filer à la Juventus de Turin, trouve Alain Giresse. Profitant de la passivité de la défense koweïtienne, « Gigi » s’engouffre dans la surface de réparation et fusille le gardien. 4-1 pour la France.
Le ballon est ramené dans le rond central et le jeu s’apprête à reprendre. Mais plusieurs joueurs koweïtiens se précipitent vers leur banc de touche avant d’entourer l’arbitre, Miroslav Stupar, pour protester. Ayant entendu un coup de sifflet provenant des tribunes, les défenseurs ont arrêté de jouer sur l’action menant au but, croyant qu’un hors-jeu avait été signalé. L’homme en noir peine à calmer les Koweïtiens, qui menacent de ne pas reprendre la partie, échange avec son arbitre-assistant, revient sur ses pas, parle de nouveau avec le sélectionneur du Koweït, hésite à trancher.
Les joueurs s’empoignent
Dans la tribune officielle, le cheikh Fahid Al-Ahmad Al-Sabah, en tenue traditionnelle, fait de grands signes de protestation. Excédé et à mille lieux de la réserve et de l’esprit sportif requis par sa qualité de président de la fédération de son pays, le frère de l’émir du Koweït se lève et descend sur la pelouse. Entouré de ses gardes du corps, il échange quelques secondes avec des officiels, le sélectionneur et certains joueurs koweïtiens, avant de reprendre son chemin en sens inverse et d’applaudir.
Stupeur. L’esbroufe a fonctionné : l’arbitre est revenu sur sa décision et annule le but, du jamais vu à ce niveau-là. Des joueurs koweïtiens et français s’empoignent, c’est au tour des Bleus d’être furibards. « Je n’ai jamais vu un “peintre” descendre sur la pelouse pendant un match et dire à l’arbitre ce qu’il faire », grincera le défenseur Christian Lopez après la rencontre auprès de « L’Equipe ».
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