Contre La sansure

Les marchands du serment trahi

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Peuple de Guinée, peuple digne et patient, voici qu’à la croisée des vents et des mensonges se dressent de nouveaux prophètes sans vertu, des vendeurs d’illusions vêtus du manteau de la morale. Ils prêchent la fidélité en public, mais conspirent la trahison dans l’ombre. Leur bouche promet le salut tandis que leurs mains creusent la fosse de la vérité.

Ils se sont faits les apôtres du parjure, les prêtres d’une religion sans foi, où la parole donnée n’est plus qu’un souffle inutile, et le serment, un jeu d’acteurs sur la scène du pouvoir. Ils trompent, manipulent, séduisent et mentent avec le sourire d’un serpent qui siffle des promesses au jardin du peuple.

Leur rhétorique est savamment tissée de contradictions. Hier, ils servaient la cause de la droiture, chantant les louanges de ceux qui œuvraient avec constance pour l’honneur national ; aujourd’hui, ils renient ces valeurs, falsifient la mémoire et s’arrogent le monopole du patriotisme. Ils osent parler au nom du peuple, alors même que le peuple souffre, attend, espère et agit.

Car enfin, pourquoi parler au nom du peuple pendant que le peuple autre ?
Pourquoi s’ériger en porte-voix de ceux dont on n’écoute ni les plaintes ni les silences ?

Le peuple n’a point besoin d’interprètes opportunistes. Le peuple se parle à lui-même par sa patience, par sa dignité, par sa mémoire. Ceux qui prétendent traduire sa volonté ne font souvent que déguiser leurs propres intérêts sous le manteau de la vertu.

Ils disent : « le peuple veut ceci », mais le peuple veut autre chose.
Ils proclament : « le peuple a dit cela », mais le peuple n’a rien dit.
Ils affirment parler pour la majorité, mais ne parlent que pour leur ventre.
Et, pendant qu’ils festoient des fruits du pouvoir, le peuple, lui, se nourrit de promesses fanées et de lendemains qui tardent à poindre.

Ceux-là sont les vrais artisans du désordre moral :
ils appellent trahison ce qui fut loyauté,
ils nomment mensonge ce qui fut vérité,
et déguisent leur peur du progrès sous les habits du patriotisme.

Mais qu’ils se le tiennent pour dit : le peuple de Guinée n’est point amnésique.
Il sait reconnaître la constance dans la tourmente, la loyauté dans l’épreuve, et la sincérité dans le silence. Il se souvient des temps où la gouvernance se faisait dans le respect de la parole donnée, où l’honneur du pays primait sur les ambitions personnelles, où la dignité du citoyen valait plus que les intrigues du pouvoir.

Ces temps ne sont pas loin. Ils demeurent dans les cœurs comme un parfum d’espérance.
Oui, il fut un moment de notre histoire où la parole donnée valait serment ; où servir la Guinée n’était pas un slogan, mais un sacerdoce. Ceux qui ont guidé le pays dans cet esprit, avec foi et droiture, ont laissé une empreinte que nul mensonge ne saurait effacer.

Aujourd’hui, les marchands du serment trahi croient que tout s’oublie, que le peuple se lasse et se tait. Ils se trompent. Car la vérité, même enterrée sous la poussière du mensonge, finit toujours par se relever. La conscience collective, un jour, se dresse comme un fleuve qu’on ne peut contenir. Et ce jour-là, les masques tomberont, les faux prophètes seront démasqués, et les adorateurs du parjure goûteront à leur propre venin.

La sagesse africaine dit : « La bouche qui ment finit par mordre sa propre langue. »
Et l’Écriture ajoute : « Malheur à ceux qui appellent le mal bien et le bien mal. »

La dignité d’un peuple ne se marchande point.
Sa foi en la vérité ne se troque point.
Sa mémoire ne s’efface point.
Les générations passent, mais la conscience demeure.

Ceux qui foulent la vérité pour s’asseoir sur le trône du mensonge oublient que le pouvoir, fût-il imposant, n’est qu’un souffle qui passe. Les couronnes du jour deviennent les chaînes du lendemain. Le prestige d’un instant s’effrite sous la honte des siècles.

Il viendra donc un temps et ce temps approche où les consciences se réveilleront, où la Guinée retrouvera le chemin de la parole juste, du serment tenu, du respect des promesses.
Ce jour-là, les artisans du mensonge comprendront qu’ils n’ont trompé qu’eux-mêmes, et que le peuple, silencieux mais vigilant, n’avait jamais cessé de voir, d’entendre et de juger.

Peuple de Guinée, reste debout, fidèle à ta mémoire.
Ne laisse point les langues perfides parler à ta place.
Ta voix, même murmurée, porte plus haut que leurs cris.
Ta vérité, même enchaînée, a plus de poids que leurs mensonges libres.
Et ta dignité, même blessée, demeure le plus beau visage de la nation.

Konaté Lancine de la jeunesse du RPG ARC EN CIEL

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