L’Illusion de la Réconciliation Sans Justice
Il est hypocrite de parler de réconciliation nationale tout en ignorant délibérément les véritables acteurs politiques et sociaux du pays. Une transition politique ne saurait réussir sans la participation active de ceux qui, depuis des décennies, se battent pour un État de droit en Guinée.
L’organisation des « Assises nationales vérité et pardon » n’a été qu’une tribune pour montrer l’incapacité du CNRD à élaborer une réelle stratégie de réconciliation nationale, ignorant les victimes dans la conception et la mise en œuvre du processus de réconciliation. Contrairement à ce que les opportunistes laissent entendre, une paix durable ne peut se construire sur l’exclusion, ni sur l’usage des tribunaux comme instruments de vengeance politique.
Cette junte a échoué sur tous les fronts. Depuis trois ans, le népotisme, le favoritisme et la brutalité de ce régime ont poussé 32 000 jeunes Guinéens à fuir le pays, préférant affronter les dangers du désert et les risques des traversées maritimes plutôt que de continuer à vivre sous ce régime oppressif. Le récent drame des migrants guinéens morts en Méditerranée est une conséquence directe de l’échec lamentable de cette transition, qui, loin de répondre aux attentes du peuple, s’enfonce dans la corruption et la répression.
