Contre La sansure

M Safa Tounkara, je me sens interpellé par ton texte.

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Je prends la plume aujourd’hui, non pas pour défendre le VP Dr Fodé Oussou Fofana, son parcours et sa loyauté envers notre parti se suffisent à eux-mêmes. Mais en tant que militant de lUFDG, engagé depuis la base jusqu’aux hautes responsabilités, et surtout en tant qu’ancien collaborateur avec qui j’ai eu l’honneur de travailler au sein de notre cellule de communication, je me sens interpellé par ton texte.
En parcourant ton texte, j’ai ressenti comme une tentative de réécriture de notre histoire commune. Je perçois une volonté de justifier des choix personnels, mais surtout un malentendu profond sur ce que signifie vraiment la fidélité à un idéal politique.
Tu revendiques avoir été un acteur central de notre parti, un homme de l’ombre présent dans les moments décisifs. Je ne remets pas en question ton passé. Mais permets-moi de te poser une question directe, celle qui traverse l’esprit de nombreux militants : comment concilier cette revendication d’attachement au parti avec l’acceptation d’une nomination au sein du CNRD ?
Comment peut-on servir simultanément un parti politique et un pouvoir de transition qui a fermé l’espace démocratique, muselé les forces politiques, et affaibli jour après jour l’UFDG ? N’y a-t-il pas là une contradiction fondamentale qui mérite d’être éclaircie ?
Tu évoques la neutralité comme ligne de conduite, mais cette neutralité s’en va curieusement lorsqu’il s’agit de t’associer à des voix critiques envers l’UFDG et son président celui-là même qui, selon tes propres mots, t’a permis d’émerger politiquement. Où se situe cette neutralité quand tu attaques publiquement un vice-président du parti avec une virulence qui surprend ?
Le fond du problème n’est ni le manque de débats internes ni la résistance aux réformes. Le véritable enjeu, c’est cette ambiguïté : se proclamer fidèle au parti tout en collaborant avec ceux qui œuvrent à son affaiblissement.
Safa Tounkara en compagnie du président Cellou Dalein Diallo en avril 2018.
Si ta volonté de réforme est sincère, alors commence par l’acte le plus simple et le plus cohérent : quitte le CNRD. Reviens parmi nous, dans nos rangs, et débattons à visage découvert. C’est cela, l’authenticité politique.
Personne ne conteste ton passé ni tes contributions. Tu as joué un rôle, c’est indéniable. Mais un combat politique ne se nourrit pas de nostalgie, il se livre dans le présent, avec courage, cohérence et constance. Et c’est précisément ces qualités qui semblent manquer à ta démarche actuelle.
Car, qu’on le veuille ou non, ton attitude actuelle ressemble davantage à une stratégie de fragilisation qu’à un véritable projet de renouveau pour notre parti.
Ce qui m’interpelle le plus, c’est le ton de tes écrits : méprisant par moments, accusateur, parfois injuste. Tu affirmes ne pas faire de politique, pourtant chaque ligne de ta lettre constitue un positionnement politique assumé. Tu dis refuser les attaques personnelles, mais tu consacres des lignes entières à critiquer un homme qui demeure, quoi qu’on puisse penser, l’un des piliers de notre formation.
Alors soyons clairs dans nos intentions : soit tu assumes pleinement ton alliance avec le CNRD, et dans ce cas, tu n’as plus vocation à parler au nom de l’UFDG. Soit tu souhaites réellement réintégrer la maison commune, et là, il faut poser un acte fort et sans équivoque.
Rejoins nos rangs, sans conditions ni privilèges particuliers. Comme un militant parmi d’autres, prêt à contribuer à notre reconstruction collective. Le reste relève de la mise en scène politique.
J’écris ces lignes dans un esprit de franchise et de vérité, valeurs qui doivent nous guider en ces temps d’épreuve pour notre parti et notre pays.
L’unité de notre parti ne se construira pas sur l’ambiguïté, mais sur la clarté des positions et la sincérité des engagements.

Abdoul Karim Diallo

Pour l’unité, la vérité et la dignité militante
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