Mamadi Doumbouya et la Confiscation du Pouvoir : Réponse aux Mensonges de Bah Oury
Dans son interview de ce 8 Août sur RFI, le Premier ministre Bah Oury tente de nous faire croire que Mamadi Doumbouya respecte encore ses engagements. Cette tentative de manipulation mérite une réponse claire basée sur les faits.
Rappelons d’abord ce que Mamadi Doumbouya avait promis. Le 15 novembre 2021, face aux caméras de France 24, il déclarait solennellement que《ni lui ni aucun membre du gouvernement de transition ne sera candidat aux futures élections》. Cette promesse était le fondement de sa légitimité après avoir renversé Alpha Condé. Il s’était également engagé à rendre le pouvoir aux civils avant le 31 décembre 2024. Nous sommes en août 2025, et cette promesse a déjà été brisée.
Aujourd’hui, Bah Oury nous explique tranquillement que《les dispositions qui vont être proposées au peuple par référendum le 21 septembre n’interdisent pas sa candidature》. Cette déclaration révèle toute la supercherie. Pourquoi organiser un référendum qui autorise la candidature de Doumbouya si celui-ci n’avait pas l’intention de se présenter ? Ce référendum n’est qu’un tour de passe-passe juridique pour légaliser ce qui était initialement interdit par ses propres promesses.
Les actes de Mamadi Doumbouya parlent plus fort que les justifications de son Premier ministre. Dès octobre 2021, il a écarté 42 généraux de l’armée, une purge massive pour éliminer tout opposant potentiel dans l’institution militaire. En 2024, il s’est auto-promu au grade de général, consolidant ainsi son emprise sur l’armée. Ces manœuvres ne sont pas celles d’un homme qui prépare son départ du pouvoir.
La disparition de Foniké Menguè et Mamadou Billo Bah illustre parfaitement la dérive autoritaire du régime. Ces deux leaders du Front national pour la défense de la Constitution ont été enlevés le 9 juillet 2024 et ont disparu depuis. Selon Human Rights Watch, des opposants auraient même été torturés. Voilà comment Mamadi Doumbouya traite ceux qui osent contester sa volonté de rester au pouvoir.
Cette stratégie n’est pas nouvelle en Afrique. Prendre le pouvoir par un coup d’État, promettre une transition courte, éliminer progressivement l’opposition, modifier la Constitution par référendum, puis organiser des élections sur mesure. Mamadi Doumbouya suit ce schéma à la lettre. Sa transition, initialement prévue pour 24 mois, s’étire indéfiniment. Son référendum de septembre vise à légaliser sa candidature. Ses opposants disparaissent ou sont réprimés.
Face à cette réalité, l’optimisme affiché par Bah Oury concernant une présidentielle《avant la fin de l’année》sonne faux. Comment croire un régime qui a déjà violé tous ses engagements temporels ? Comment faire confiance à un homme qui transforme ses promesses solennelles en paroles creuses ?
Le peuple de Guinée mérite mieux. Après avoir cru au changement promis par Mamadi Doumbouya lors du renversement d’Alpha Condé, les Guinéens se retrouvent face à un nouveau dictateur en devenir. La peuple de Guinée doit cesser de fermer les yeux sur cette confiscation programmée du pouvoir.
Les faits sont là, têtus et implacables. Mamadi Doumbouya a menti sur ses intentions, trahi ses promesses et mis en place tous les mécanismes pour s’accrocher au pouvoir. Aucune rhétorique de son Premier ministre Bah Oury ne peut masquer cette vérité. La Guinée ne peut pas se permettre de sombrer dans un nouveau cycle d’autoritarisme déguisé en processus démocratique.
Abdoul Karim Diallo
« Quand les promesses deviennent mensonges, la vérité devient résistance »_
