Mamadi Doumbouya ou l’expression la plus achevée de l’incohérence et de la contradiction
Le putschiste et suppôt de la France, Mamadi Doumbouya, a tenté d’amadouer les guinéens et la communauté internationale en posant un certain nombre d’actes vivement salués au départ.
Mais très curieusement, il pose tous les jours des actes qui viennent contredire les premiers. On peut en donner quelques exemples pour illustrer le degré d’incohérence et de contradiction de ce bandit de grand chemin.
1.- Le procès relatif aux événements du 28 septembre 2009
Quelques mois seulement après l’arrivée du caporal Mamadi Doumbouya au pouvoir, s’est ouvert ce procès qui était attendu depuis onze ans par les victimes. Il voulait rassurer, à travers ledit procès, quant à sa volonté de lutter contre l’impunité.
Mais au moment même où se déroulaient les débats dans ce procès, ses sbires n’ont pas trouvé mieux à faire que de tuer encore des guinéens. Aujourd’hui, l’on est à plus d’une cinquantaine de jeunes et d’adolescents froidement abattus par des éléments des forces de défense et de sécurité.
Qui avait dit qu’aucun guinéen n’allait désormais mourir à cause de la politique ?
2.- La lutte contre les infractions économiques et financières
Dans la foulée de la création de la Cour de répression des infractions économiques et financières ( CRIEF), des responsables de l’ancien régime ont été arrêtés et placés en détention provisoire. Outre le fait que plus de deux ans après la création de cette juridiction d’exception, aucun résultat tangible n’est à relever, les mêmes pratiques continuent et se sont d’ailleurs amplifiées. La corruption, les détournements de fonds publics, l’enrichissement illicite, le blanchiment de capitaux, le trafic de drogue se font à ciel ouvert.
L’achat à coup de millions de dollars ou d’euros d’immeubles bâtis et non bâtis est devenu le sport favori de la junte militairo-civile. Il n’y a pas un seul endroit dans le Grand-Conakry où l’on ne repère pas des maisons appartenant aux membres de cette association de malfaiteurs. Comparés à eux, les anciens dignitaires emprisonnés passent pour des anges.
Finalement, la CRIEF s’est révélée aux yeux des guinéens comme étant un instrument de règlement de comptes, avec un procureur qui n’est rien d’autre qu’une marionnette. La télécommande de la CRIEF se trouve entre les mains des bandits en treillis qui règnent en maîtres absolus sur le pays, qui croient disposer d’un droit de vie et de mort sur les guinéens.
3.- Le piétinement des libertés et droits fondamentaux des citoyens
Sur ce plan, la réalité est encore plus effrayante qu’elle ne l’était sous l’ancien régime et plus accablante pour la junte. La nébuleuse CNRD ne se contente plus d’arrêter ceux qui expriment des positions qui ne lui sont pas favorables. Il les tue ou les fait disparaître.
Mamadi Doumbouya s’en est pris à tout ce qui a été conquis de haute lutte en terme de droits et de libertés. La liberté de réunion, le droit de manifestation pacifique, la très emblématique liberté de la presse pour ne citer que ceux-là sont en train d’être enterrés par celui qui citait parmi les causes du renversement du Président Alpha Condé, » le piétinement des droits des citoyens« .
Il n’est pas exclu que la liberté syndicale, l’indépendance de la justice et surtout l’indépendance du Barreau soient les prochaines cibles de ces fous qui nous gouvernent.
4.- Le culte de la personnalité et la politisation de l’Administration
Le constat se passe de tout commentaire sur cet autre plan. Puisque les courtisans et flagorneurs de tous bords ont compris que Mamadi Doumbouya n’est en rien différent sur ce plan, ils n’ont fait que reprendre du service.
À la lumière de tout cela, qu’est-ce que cet individu peut apporter de nouveau aux guinéens ?
Voilà la question que toute personne censée devrait se poser pour s’engager dans ce combat dont l’une des finalités est de chasser Mamadi Doumbouya et sa bande.
