Contre La sansure

Modification du Code électoral au Sénégal : un expert électoral perçoit «une manœuvre dangereuse pour la démocratie»

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Par Charles KOSSONOU

Le parti Patriote africain du Sénégal, pour le travail, l’éthique et la fraternité (Pastef), largement majoritaire à l’Assemblée nationale, a engagé le processus d’une proposition de lois portant modification du Code électoral. Chargé des élections à la Ligue démocratique (LD) et expert électoral, Ousmane Badiane perçoit dans cette situation «une manœuvre dangereuse pour la survie de la démocratie sénégalaise», au cours d’une interview au quotidien L’Observateur. 

«Si une telle manœuvre dangereuse pour la survie  de la démocratie sénégalaise réussissait parce que le Pastef possède une majorité écrasante (130/165), ce ne serait plus simplement une bombe législative, mais un séisme volcanique d’une très forte amplitude qui va détruire complètement tous les acquis démocratiques obtenus par le pays depuis son accession à la souveraineté internationale», a prévenu Ousmane Badiane.

Face à cette situation, l’expert électoral prône le dialogue et appelle le Président Diomaye Faye à prendre des responsabilités. «Diomaye Faye avait invité les Sénégalais à cultiver la paix et l’unité de la Nation. Le consensus a toujours prévalu entre les groupes, surtout en matière électorale. C’est très grave d’imposer sa majorité mécanique. C’est un séisme politique très grave. Le Président doit rappeler ses partisans à l’ordre», a-t-il soutenu.

«Ce sont les articles L29 et L30 qu’ils souhaitent modifier. Sous l’ancienne loi, des infractions comme la diffamation, les infractions par voie de diffusion de diffusion publique (infractions de presse) pouvaient éliminer un candidat à l’élection présidentielle. Maintenant, ils veulent aller vers une réforme pour qu’il y ait des éléments qui ne pourront plus éliminer un candidat à l’élection présidentielle. Toutefois, ceux qui sont condamnés pour crime ne sont pas concernés», avait déjà confié une source proche du dossier.

Cette proposition de modification du code électoral intervient alors que la candidature d’Ousmane Sonko pour l’élection présidentielle de 2029 fait débat. Bien qu’il ait bénéficié d’une loi d’amnistie en 2024, des juristes et des opposants estiment que sa condamnation pour diffamation (6 mois avec sursis dans l’affaire Mame Mbaye Niang) impacte toujours son casier judiciaire et son droit à se présenter. Le concerné, quant à lui, a toujours soutenu qu’il est éligible  et prévenu que «rien, ni personne» ne pourra l’empêcher d’être candidat.

Source: https://www.pressafrik.com/

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