Contre La sansure

“Moi, Makanera, moche, bête et méchant” (Par Tibou Kamara)

0

Il n’est guère aisé ni glorieux de se lancer, sous prétexte de mener une croisade, à l’assaut de moulins à vent et de porter le fardeau du destin d’une feuille morte exposée à tous les aléas. Alhousseine Makanera Kaké, premier au concours d’impopularité et dernier dans l’obligation de loyauté, ne sait plus où donner de la tête.

Engagé dans une épreuve qui le dépasse largement – incapable d’aligner deux phrases correctes –, il ne peut que donner sa langue… à ChatGPT pour essayer de se tirer d’affaire. Ayant perdu toute sérénité, il ne prend même pas la précaution d’éliminer les indices flagrants de sa supercherie, comme ce mot « Titre » suivi de deux points, introduisant ce qui tient lieu de titre dans sa dernière saillie.

Il gagnerait à être moins distrait s’il envisageait un jour d’écrire un livre avec les mêmes ingrédients. On pourrait d’ailleurs lui suggérer une autobiographie empruntant son titre à un célèbre film d’animation, pour s’inscrire dans le registre de la franchise : « Moi, Makanera, moche, bête et méchant ». Le titre est bien choisi, surtout l’adjectif « bête ». C’est le qualificatif qui lui sied comme un gant. À la manière de la beauté, qu’un célèbre chirurgien esthétique disait difficile à décrire mais qui, lorsqu’elle est là, « saute aux yeux », la bêtise de Kaké ne se théorise pas, elle frappe par son évidence.

Chaque fois qu’il ouvre la bouche, il nous en donne un bel exemple. S’il est permis de douter que l’on naisse bête, force est de constater que certains ont des dispositions naturelles indéniables. Makanera Kaké n’est pas seulement dans la catégorie : il en occupe une place de choix.

Makanera, oser parler de loyauté et d’honnêteté sur la place publique ? C’est comme évoquer la corde dans la maison d’un pendu. Quasimodo Kaké, sans rien du pittoresque d’un personnage de Victor Hugo, est un politicien vénal, endurci et horrible. Il est clair qu’il lui est plus facile de se vendre à toutes les occasions à vil prix que de s’essayer au dur labeur réservé à ceux qui suivent une trajectoire de fidélité : rester dans un camp déterminé, honorer des amitiés forgées dans le temps et des alliances inscrites dans le marbre.

J’ai connu le président Alpha Condé lorsqu’il était opposant et ne pouvait rien offrir à personne, à une époque où il n’était même pas jugé fréquentable, dans un pays où les mouches comme Quasimodo Kaké – soi-disant leader d’un parti de sa taille – ne sont pas attirées par le goût aigre-doux des aléas politiques et des épreuves de la vie.

Quant à Cellou Dalein Diallo, je l’ai connu quand il était ministre, avant qu’il ne s’engage pleinement en politique. Lorsque l’un devient président et l’autre son opposant, je ne saurais basculer du côté du plus fort au détriment du plus faible, comme le ferait volontiers Makanera, guidé par son esprit mercantile et son goût prononcé pour le lucre. Si j’ai de nombreux amis, je n’ai renié, et encore moins attaqué, aucun d’entre eux dans un moment de disgrâce ou de difficulté.

Du temps du président Conté, mon amitié pour le prisonnier Condé est restée intacte ; quand le président de l’UFDG s’est retrouvé alité suite aux événements tragiques du 28 septembre 2009, mon statut de ministre de la junte au pouvoir ne m’a pas empêché d’aller au chevet d’un ami en conflit avec celle-ci.

Makanera, ce personnage excentrique que le ventre guide et que la conscience fuit, aime à déambuler dans les allées du pouvoir et fait office de rat des palais. Il se donne toujours pieds et poings liés aux dirigeants du moment. S’il n’a bénéficié que d’un unique décret du seul professeur Alpha Condé – qui s’est d’ailleurs empressé de revenir sur cet acte de magnanimité exagérée, réalisant le tort qu’il causait à la fonction ministérielle et, au-delà, au pays –, ce n’est pas parce qu’il est un homme de vertu comme il tente de le faire croire pour sauver les apparences. C’est parce qu’il n’a aucune compétence et affiche une moralité douteuse. Que viendrait faire un illustre cancre au sommet de l’État ?

Il n’est donc pas étonnant que les derniers venus dans le nouveau régime soient lotis à meilleure enseigne que Quasimodo Kaké, qui hurle pourtant sur tous les toits qu’il figure parmi les premiers laudateurs du pouvoir en place. C’est vrai qu’il n’excelle que dans le racolage et la criminalité politique. Que faire d’un politicien fainéant, d’un paria social, d’une épave humaine, sinon l’assigner à des travaux forcés, à toutes les sales besognes d’un mercenaire ?

Quasimodo Kaké, qui ne parle que lorsqu’il a la bouche pleine, n’a ni vocation à servir ni prédisposition à exercer des fonctions, n’étant bon à rien. C’est un homme de cour voué aux gémonies, qui se vante des cadeaux reçus en récompense de ses basses courbettes : voitures, petites enveloppes financières pour se doter d’un toit ou affronter le quotidien, une obsession existentielle. Bref, c’est un homme corruptible et corrompu jusqu’à la moelle. Il vit dans la poche des autres et passe d’un maître à l’autre en fonction des largesses obtenues.

Il n’est fidèle qu’à lui-même et demeure prisonnier de ses intérêts mesquins, au point d’en perdre son âme et sa réputation. De nombreuses indiscrétions révèlent que, dans son entourage proche, voire dans sa famille, peu osent se réclamer de lui, à cause de la malédiction qui le frappe. C’est désolant de le voir, à son âge, brader sa dignité et œuvrer sans relâche à sa perte certaine. Mais il faut bien un peu de tout pour faire un monde…

Si le professeur Alpha Condé devait se prononcer sur Quasimodo Kaké et moi, chacun devine qui aurait ses faveurs. Dans le baromètre exigeant de l’opinion, on sait aussi qui est unanimement rejeté.

Il serait bon d’apprendre à Quasimodo Kaké que certains sont naturellement sollicités pour leurs talents et leurs performances, tandis que d’autres, comme lui, s’invitent à toutes les tables sans jamais y être conviés. Être appelé à servir maintes fois n’est pas à la portée du premier venu, et ne saurait donner lieu à un mauvais procès, sauf de la part de quelqu’un qui ne se remet pas d’avoir été congédié du gouvernement comme un malpropre, et qui fulmine de figurer parmi les ministres les plus éphémères des annales gouvernementales.

Laurent Fabius, auquel il faisait référence l’autre jour – d’ailleurs de manière inexacte –, a bien été ministre à deux reprises sous François Mitterrand avant de devenir son Premier ministre, puis il a également servi sous Jacques Chirac et François Hollande. Il est pourtant reconnu comme un grand homme d’État. Son parcours démontre que servir différents gouvernements ou régimes, lorsque c’est fait par conviction et compétence, n’a rien de condamnable. La différence est là : entre le service de l’État et la servilité opportuniste.

Quasimodo Kaké ne peut faire longtemps bon ménage avec personne, antipathique et véreux qu’il est. D’où ses alliances qui ne tiennent pas, ses amitiés qui fondent comme neige au soleil. Il gagnerait à économiser son énergie et à retenir son souffle, afin de préparer sa défense contre les révélations le visant, très imminentes. Rendez-vous le mois prochain, plaise à Dieu. Le pire est à venir.

En attendant, force est de constater qu’au soir de sa vie, Quasimodo Kaké, qui vit au-dessus de ses moyens et n’a pas de revenus connus, est plus soucieux de préparer sa retraite que de ménager l’avenir déjà derrière lui. Quand on a tout perdu, on ne s’embarrasse plus de scrupules encombrants et pesants. Tel est le triste destin de Quasimodo Kaké qui, à l’image d’un cavalier d’autrefois, continue à se battre alors qu’il est déjà mort. Il s’est enterré vivant et entend déjà le chant du cygne qui annonce sa fin, sans honneurs ni gloire. Bien fait pour lui, et tant pis mille fois !

En défendant le bien, on se trouve parfois confronté au mal, qu’on ne peut hélas combattre qu’avec ses propres armes. Que les grands esprits et les bonnes âmes n’en soient pas offusqués outre mesure.

Tibou Kamara

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

× Comment puis-je vous aider ?