Mort de Toumba Diakité: encore une mauvaise pub pour le président Doumbouya!
Alors qu’il purgeait une peine de 10 ans d’emprisonnement pour crime contre l’humanité, suite au jugement historique du massacre du 28 septembre 2009, l’ex-aide de camp du capitaine Moussa Dadis Camara, le commandant Aboubacar Diakité dit Toumba est mort en détention, dans la nuit du mardi 24 au mercredi 25 mars 2026.
Pourtant, l’administration le savait malade, à la lumière d’un rapport médical et les dires de sa défense, celui qui était devenu la star du procès des événements tragiques du stade du 28 septembre, qui avaient entrainé la mort d’au-moins 156 personnes et le viol à ciel ouvert de plus de 100 femmes. Le disparu était, déjà, presqu’un mort en sursis, qui sera tout de même trimballé d’une prison, celle de Conakry à une autre, en l’occurrence la maison d’arrêt de Coyah, plus rigoureuse. Les démarches entreprises par ses avocats pour le ramener à son lieu initial de détention, ont rencontré un mur de silence de la part des autorités. Attitude difficile à comprendre, d’autant que le prisonnier n’était plus qu’à une année de la fin de sa privation de liberté. Il devrait respirer, à nouveau, l’air de la liberté en 2027!
Toumba, aura connu un destin moins heureux que son ex-mentor sur qui il avait ouvert le feu le 3 décembre 2009. Le capitaine Moussa Dadis Camara lui, condamné à 20 ans de prison, a, officiellement pour des raisons de santé, presqu’aussitôt bénéficié de la grâce présidentielle avant de quitter la Guinée.
Visiblement, tous les Guinéens ne sont pas égaux devant la maladie. Surtout que le vivier électoral de Dadis Camara, l’ancien président par intérim après la mort du général Lansana Konté, pouvait faciliter l’élection du général Mamadi Doumbouya, en course, en 2025, pour le palais présidentiel Sékhoutoureya, après une transition élastique à souhait, qui a suivi le coup d’Etat de 2021. De plus, le commandant Aboubacar Sidiki Diakité avait plutôt des allures de trublion! Une réputation consolidée par cette popularité inattendue dont il a été couverte à chacune de ses comparutions lors du procès du massacre du 28 septembre.
Qui avait peur que Toumba Diakité se retrouve en liberté? En savait-il trop sur cette armée guinéenne dont les irruptions fréquentes sur la scène politique n’en faisait plus une «Grande muette»? Bien des interrogations qui peuvent faire croire que le décès de Toumba Diakité, suite à «une hernie de la ligne blanche étranglée compliquée d’une péritonite aiguë généralisée», sera cause de nuits blanches pour certains. Dire que pour le seul individu, le chapelet de pathologies était bien fastidieux à égrener: une tuméfaction épigastrique, des douleurs abdominales persistantes, une constipation chronique et des troubles de sommeil. Rien moins que ça! Pourquoi donc n’avoir pas offert plus de chances de survie à Toumba Diakité, au lieu de corser son sort en le soumettant à une vie carcérale aussi drastique?
Non, le tout nouveau président civil de la Guinée n’avait pas besoin de ce coup de pub sordide qui vient en rajouter, aux disparitions non élucidées de plusieurs de ses concitoyens dont les plus emblématiques sont celles des cadres du Front national pour la défense de la Constitution (FNDC), Oumar Sylla alias Foniké Mengué et Mamadou Billo Bah. Sans oublier que l’exil forcé des opposants les plus en vue, notamment l’ancien président Alpha Condé et les anciens Premiers ministres Cellou Dalein Diallo et Sidya Touré, continue de constituer une grosse tache noire sur la gouvernance politique de la Guinée de Mamadi Doumbouya!
Par Wakat Séra

