Contre La sansure

 »La vérité est dure mais nécessaire : Mamadi Doumbouya n’est plus maître de son destin. »

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Quatre ans après le renversement d’Alpha Condé, la Guinée se retrouve de nouveau dans l’impasse. Le président Mamadi Doumbouya, porté un temps par l’espoir d’un peuple lassé de l’injustice et de la corruption, s’est progressivement laissé enfermer dans le piège machiavélique des “3 I” : Induire, Isoler, Imposer.

Induire, en l’amenant à trahir ses propres engagements : violations répétées des droits humains, corruption galopante, insécurité grandissante. Autant de dérives qui l’ont opposé à son peuple et discrédité auprès de la communauté internationale.

Isoler, en instaurant la peur et la répression sanglante contre les voix dissidentes. Les arrestations arbitraires et l’étouffement de toute opposition ont fini par l’enfermer dans un cercle étroit, sans légitimité ni relais crédibles.

Imposer, enfin, en le maintenant au pouvoir par la force du clan et des intérêts mafieux, qui se nourrissent de la manne minière et immobilière pendant que la population s’enfonce dans la misère.

Ainsi, l’homme qui avait juré de respecter la charte de la transition, de combattre la corruption endémique et de faire de la justice la boussole de la refondation est devenu l’otage d’un système vorace, capturé par ses proches et par les prédateurs nationaux et étrangers.

La vérité est dure mais nécessaire : Mamadi Doumbouya n’est plus maître de son destin. Isolé, fragilisé, il n’est désormais qu’un instrument entre les mains d’un clan dont le seul objectif est de prolonger son règne pour mieux piller la Guinée.

Mais il n’est pas trop tard. L’option du dialogue reste ouverte. Il serait irresponsable de jeter Mamadi avec l’eau du bain. Ce que la Guinée attend, ce n’est pas un nouveau coup d’État, mais un sursaut collectif. Par la concertation et le courage politique, nous pouvons encore sauver cette transition qui a déjà trop duré et redonner une lueur d’espoir à notre peuple.

L’histoire récente de la Guinée montre qu’un coup d’État en appelle toujours un autre. Enfermer le pays dans ce cycle infernal serait catastrophique. Un autre putsch ne ferait qu’aggraver la fracture nationale et repousser encore l’espoir démocratique.

La solution n’est pas dans un nouvel homme fort, mais dans un compromis national qui redonne confiance aux citoyens. La Guinée doit se doter enfin d’institutions solides, d’un État impartial et d’un processus politique ouvert.

Ne jetons pas Mamadi Doumbouya avec l’eau sale. Il a encore l’occasion de s’inscrire dans l’histoire non comme le fossoyeur d’une transition, mais comme celui qui aura su écouter son peuple et remettre la Guinée sur le chemin de la démocratie.

A bon entendeur salut ! D’ici-là, merci de contribuer au débat.

Elhadj Aziz Bah

Note de l’auteur : Acceptons la pluralité d’idées. Pas d’injures, et rien que d’arguments.

 

 

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