« Nous avons besoin de la CEDEAO, mais pour nous accompagner, pas pour nous dicter… » (O.G. Diallo).
Le Ministre Ousmane Gaoual Diallo, Porte-parole du gouvernement guinéen et par ailleurs Ministre de l’Urbanisme et de l’Habitat était l’invité de l’émission ‘Mirador’ chez FIM FM. Il a été notamment questionné sur la démolition de la Maison de Cellou Dalein Diallo, dont il était un des principaux conseillers, des Assises nationales et sur les menaces de sanctions de la CEDEAO.
Grand commis de l’État, et de ce fait n’étant pas plus dans les rangs de l’Opposition, l’ancien Député de l’UFDG et très poche de Cellou Dalein Diallo, ne fait plus partie de ceux qui appellent la communauté internationale pour aider le pays à épouser les valeurs démocratiques. Pour un observateur, »le Gaoual d’aujourd’hui, comme les ministres d’Alpha Condé hier, ne veut rien savoir de la démocratie de la communauté internationale« .
Pour lui, « la Guinée n’a pris aucun engagement de délivrer un chronogramme à la CEDEAO pour telle ou telle période. Ça ne fait pas partie des échanges que nous avons eus avec cette institution. Je pense que la CEDEAO aussi doit faire attention ! Aujourd’hui, les peuples ouest africains s’interrogent sur sa véritable mission… »
Précisant que « ce qui est clair, c’est que la Guinée n’évolue pas sous le diktat de qui que ce soit, même de la CEDEAO », Ousmane Gaoual Diallo ajoute que « notre pays a une histoire qui est connue. Depuis 1958, nous traversons des périodes extrêmement difficiles. La CEDEAO était où de 2010 à 2020 ? Nous ne souffrions pas ? En 2007, ils étaient où ? En 1985, ils étaient où ? Elle n’existait pas ? Je pense qu’il y a des étapes qui sont très importantes, notre pays a un contexte et une situation qui méritent d’être connus, respectés et suivis pour l’accompagner; nous avons besoin de la CEDEAO mais pour nous accompagner, pas pour nous dicter…cette injonction ne nous engage pas« .
Abordant le sujet relatif à la démolition de la maison de Cellou Dalein Diallo, il a indiqué qu’il ne va « pas commenter plus que ce que le CNRD a déjà dit au peuple de Guinée. Il y a une déclaration qui a suivi et je ne veux pas aller au-delà de celle-là…Vous n’avez pas l’habitude d’écouter Ousmane Gaoual exprimer ses émotions, quelles qu’elles soient. Et vous n’êtes pas ici pour comprendre mon état d’âme (…) ».

Poursuivant, il a souligné qu’il a « pris l’habitude d’avoir une distance entre ma personne et mes responsabilités…Mes émotions sont personnelles. Je ne désapprouve pas, je n’apprécie pas, moi je suis là pour des commentaires sur des sujets concernant le gouvernement et les actions qu’il mène et je voudrais qu’on reste dans ce cadre là… ».
Parlant des Assises nationales, il a estimé qu’il « n’y a pas à refuser de prendre part et les acteurs politiques qui d’ores et déjà ont annoncé qu’ils boudent. Nous irons vers eux pour leur dire attention il y a peut-être incompréhension de la démarche, de la pédagogie, mais voilà ce qui est prévu. Donc ces assises-là vous avez largement votre place en tant que guinéens de venir. Le premier ministre va recevoir les acteurs politiques, pour faire de la pédagogie, pour expliquer avec les uns pour dissiper les malentendus. Le ministre de l’Administration du Territoire aussi va faire la même démarche, parce qu’au final ces assises ne sont pas des assises politiques, ce n’est pas un dialogue politique, c’est un endroit où on va essayer de reconstruire notre passé commun, on va s’écouter« .
Pour un analyste, « ceux qui croyaient que Gaoual est encore UFDG, c’est le temps de comprendre qu’il fait partie des gens qui vont créer le parti du CNRD. Ils ne sont pas prêts à lâcher le pouvoir. Mais ils devraient vérifier s’ils en auront les moyens car, l’exemple du Mali voisin est là. Ils seront obligés de convenir avec la CEDEAO d’un chronogramme. Ce sera les cas du Burkina et de la Guinée. La Russie s’embourbe en Ukraine et même dans les conditions normales n’a pas les moyens d’aider un pays à se passer de la Communauté internationale. Nous guinéens savons ce que vaut la coopération économique avec la Russie… le sous-développement« .
Mamadou Alpha BAH
