Contre La sansure

« NOUS SOMMES EN TRAIN DE SUIVRE LA VOIE DU MALI » (BAADIKO BAH)

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Le Président de l’UFD, Mamadou Baadiko Bah, était, vendredi dernier 12 février 2022, l’invité politique de FIM FM. L’occasion lui a permis d’attirer l’attention sur le fait que le CNRD est « en train de suivre la voie du Mali ».

Le leader l’UFD, formation politique qui a quitté la Coalition CORED, dirigée par Mamadou Sylla ‘Futurelec’, indique qu’il s’attendait au « chronogramme des travaux de cette assemblée de transition. Au lieu de cela, on a entendu parler de règlement intérieur (…) nous constatons que nous sommes en train de suivre la voie du Mali. Les mêmes causes produiront les mêmes effets« .

Pour lui, le CNRD « est prêt à défier la communauté internationale en restant sans agenda. On se dirige aujourd’hui vers le sixième mois et personne ne sait quand est-ce que cette transition va se terminer. On est dans une transition à durée indéterminée. Il n’y a rien qui presse. Pourtant, tant qu’il n’y aura pas d’élections libres et transparentes, personne ne peut parler au nom du peuple’’.

Se demandant « de quoi va accoucher ce CNT ?« , il suggère, nombre d’observateurs, qu’il ne faudrait « pas faire un procès d’intention. Mais comme on le dit, la bonne soupe se reconnait par l’odeur qu’elle dégage lors la préparation. Mais là, croyez-moi, il y a des sujets d’inquiétudes« , en soulignant les membres du CNT « ne sont pas indépendants de ceux qui les ont nommés. Ils n’auront pas l’initiative des lois. D’ailleurs, combien d’entre eux ont lu une constitution avant d’être nommés ? Combien parmi les 81 ont lu entièrement les différentes constitutions de la Guinée avant d’arriver au CNT ? »

Le président de l’UFD, formation politique en activité en Guinée, au sein du MND, en partenariat notamment avec le RPG d’Alpha Condé, depuis la prise du pouvoir du CMRN, estime qu’on « ne sait pas ce qui va se passer au CNT, laissons-les faire. On verra bien la suite. Qu’ils sachent qu’ils ne sont pas comme le CNT de 2010 (…). A l’époque, on parcourait les CV et on les comparait pour choisir les conseillers. Ceux d’aujourd’hui ont été installés par le CNRD, ils lui seront sont redevables. Ils n’ont pas les spécialistes qu’il faut pour faire le travail. Il faut qu’ils sachent que la tromperie ne marchera pas’’.

Pour l’heure, les membres du CNT vont partir en balade à l’intérieur du pays, au frais de l’État, alors que le gouvernement informe que les caisses sont vides et que de nombreuses localités du pays manquent d’infrastructures administratives, scolaires et dans le secteur de la santé.

Pour Makalé Camara, leader du parti FAN, ancienne Ministre sous les régimes de Lansana Conté (Agriculture) et d’Alpha Condé (Affaires étrangères) « les problèmes de la Guinée sont connus par tout le monde. Nous en débattons en longueur de la journée. Nous avons des Constitutions qui ne sont pas mal. Il faut les réviser, les dépoussiérer et rajouter ce qu’il faut« . Elle fait remarquer que les voyages des membres du CNT à l’intérieur du pays ce « n’est pas une priorité. On a beaucoup réclamé la mise en place du CNT. Maintenant qu’il est en place, il doit s’attaquer aux vrais problèmes pour qu’on avance’’.

Elle insiste pour la mise en lace d’une Constitution inviolable. « Nous voulons qu’il y ait des intangibilités dans cette nouvelle constitution afin que n’importe qui ne puisse pas la toucher. Il faut essayer de la verrouiller davantage en y mettant plus de garde-fous en s’inspirant des institutions des pays développés« , a-t-elle précisé.

Selon un observateur, « ce ne sont pas les intangibilités le problème. Ce sont les hommes en autorité (Président) et leur entourage, civils, militaires et paramilitaires. Si la Constitution de 2010 a été violée, c’est parce qu’il y a eu des civils, spécialistes en droit constitutionnel, qui avaient participé à sa rédaction, qui ont donné à Alpha Condé des arguments pour la violer. Il y a eu l’Armée et la Police pour imposer leur volonté de coup d’État constitutionnel. Il y a les cadres du MATD et la majorité des commissaires de la CÉNI pour fabriquer des résultats électoraux qu’une Cour dite constitutionnelle a validés. Comment faire en sorte que cela ne se reproduise plus est le problème« .

Mamadou B. BAH

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