ONU : Les experts alertent sur la tentative de disparition forcée visant le défenseur guinéen Alseny Farinta Camara
Les Nations unies ont interpellé le gouvernement guinéen au sujet de menaces, d’intimidations et d’une tentative de disparition forcée visant le défenseur des droits humains Alseny Farinta Camara, aujourd’hui en exil entre la Guinée-Bissau, le Sénégal et la Côte d’Ivoire.
Un parcours marqué par les représailles
Président du RENADE et coordinateur adjoint de Tournons La Page Guinée, M. Camara est engagé depuis plusieurs années dans la lutte contre la corruption.
Selon l’ONU, ses plaintes déposées en 2024 contre des responsables du CRIEF ont déclenché une série de menaces, dont des messages intimidants attribués au procureur spécial.
Les experts rapportent également : une intrusion nocturne à son domicile en mai 2024, des avertissements d’un projet d’enlèvement après une plainte visant Addax & Oryx Group, l’enlèvement de deux militants du FNDC en juillet 2024 et une descente de gendarmes armés à son domicile le 5 août 2024, qui le pousse à fuir.
Risques persistants en exil
Après un séjour en Guinée-Bissau, M. Camara se réfugie à Dakar, où il affirme être surveillé par des individus « non sénégalais ».
En septembre 2025, le préfet de Dakar interdit une grève de la faim qu’il prévoyait devant la Banque mondiale et lui demande ses coordonnées, renforçant ses craintes d’arrestation ou d’enlèvement transfrontalier.
Une tendance plus large de répression
La communication rappelle les cas d’Abdoul Sacko, Oumar Sylla et Mamadou Billo Bah, victimes d’enlèvements ou de disparitions forcées. Les experts regrettent l’absence de réponse de Conakry à leurs précédentes interpellations.

Les obligations rappelées à la Guinée
L’ONU cite : l’interdiction absolue des disparitions forcées, la protection de la liberté d’expression, le droit d’association et de réunion et l’obligation de protéger les défenseurs des droits humains.
Elle demande au gouvernement guinéen des informations sur les faits, les enquêtes menées et les mesures de protection existantes.
La communication sera rendue publique si aucune réponse n’est fournie dans les 60 jours. Une copie a été adressée au Sénégal et à la Guinée-Bissau.
Source: https://koumamedia.com/
