“Oui, Oui, Oui… et puis quoi ?” Quand même Bah Oury s’en mêle…
C’est sorti de sa bouche.
Clair. Net. Sans bavure.
“Ce n’est pas des OUI, OUI, OUI sans savoir ce qu’il y a dedans…”
Et voilà tout le théâtre effondré en une phrase.
Ce n’est pas l’opposition qui parle.
Ce n’est pas un militant excédé.
C’est le Premier ministre lui-même.
Bah Oury, au micro, dénonce sans le dire la farce du brandissement.
Il confirme ce que tout le monde voit,
ce que tout le monde sait,
ce que tout le monde murmure dans les villages, les préfectures, les bureaux :
on fait dire OUI à des gens qui n’ont rien lu.
On fait lever les mains comme on fait lever les barrières.
On fait poser les notables avec des documents dont ils ignorent tout —
parce qu’on ne leur demande pas leur avis,
on leur demande leur image.
Et le résultat, c’est quoi ?
Des hommes tenant le Journal Officiel à l’envers.
Des femmes alignées en tenues traditionnelles, livret à la main, regard vide.
Des préfets habillés comme pour un défilé, réduits à la posture.
Et partout : des sourires crispés, des photos forcées, des “oui” fabriqués.
Bah Oury a tout dit.
Trop dit, peut-être.
Car sa phrase percute en plein cœur la campagne du CNRD.
À quoi sert-il de forcer des bras à se lever,
si les cerveaux restent dans l’ombre ?
À quoi sert-il de photographier des dizaines de mains levées,
si aucun mot n’a été débattu ?
À quoi bon faire le tour du pays avec des brochures,
si le peuple est traité comme un décor de carton-pâte ?
Ce que Bah Oury a dit — volontairement ou pas —
c’est que cette campagne n’a rien de pédagogique.
C’est une opération de vitrine,
un album photo de la docilité nationale,
un consentement mis en scène.
Mais attention :
Si même le Premier ministre commence à douter publiquement, alors c’est que le ver est déjà dans le fruit.
Et si le ver parle…
c’est que le fruit est pourri.
Alors continuez, oui.
Continuez à brandir à l’envers.
Continuez à faire du bruit avec du papier.
Continuez à remplir les télévisions de “oui, oui, oui”
pendant que la rue, elle, prépare son “NON”.
Le vrai. Le sec. Le net.
Celui qui ne demande pas l’autorisation d’être lu.
