Patrice Diaby: ‘’Nous exigeons le départ de Mamadi Doumbouya et son clan…’’
Contraint de s’exiler tout comme le Président de sa formation politique, Patrice Diaby maintient ses propos malgré les menaces qui pèsent contre lui et sa famille.
Rencontré au Centre ville de Montréal lors de la manifestation des Forces vives de Guinée à la quelle il a pris une part active, ce responsable de l’UFR de l’Amérique du Nord se dit déterminé à poursuivre le combat politique, conformément aux idéaux et la ligne politique de son leader Sidya Touré.
Dans cet entretien exclusif accordé à notre rédaction, ce responsable de l’UFR ne cache pas son indignation face aux dérives autoritaires de la junte et l’agenda caché du Général Mamadi Doumbouya.
‘’A l’Union des Forces Républicaines (UFR) les menaces et l’intimidation ne nous ferons pas reculer. Au contraire, nous sommes plus que jamais déterminés à poursuivre le combat politique sous le leadership de Monsieur Sidya Touré.’’ a déclaré l’homme politique au micro de notre reporter.

‘’C’est vrai qu’à la prise du pouvoir le 5 septembre 2021, nous avons soutenu ces militaires parce que le discours du Général Mamadi Doumbouya était rassurant et son engagement à mettre fin au 3ème mandat illégal et illégitime d’Alpha Condé et organiser des élections libres transparentes et démocratiques nous a permis de mettre une pause sur nos revendications. On s’est dit, cette fois-ci, ces jeunes militaires vont certainement nous aider à sortir de l’ornière. Mais à partir d’Avril 2022, date à la quelle le domicile de notre leader Sidya Touré et celui de Cellou Dalein Diallo ont été injustement saisis par la junte, sans aucune procédure judiciaire, on a compris que la junte voulu juste gagner du temps pour confisquer le pouvoir. Aujourd’hui notre leader est contraint d’aller en exil pour des raisons de sécurité’’, regrette M. Diaby.
A la question de savoir comment est-il possible de mener un combat à partir de l’extérieur de la Guinée alors que la junte organise un Référendum ce 21 septembre 2025 pour mettre fin à la transition, Patrice Diaby n’est pas passé au dos de la cuillère pour apporter des clarifications.

‘’Nous savez bien que ces militaires règnent dans la terreur et l’intimidation parce qu’ils veulent confisquer le pouvoir pour maintenir Mamadi Doumbouya contre la volonté populaire. En Guinée, il est interdit aujourd’hui de manifester. Vous avez vu les arrestations arbitraires, les menaces et disparitions forcées des opposants à la junte, d’autres contraints à l’exil. Alors qu’on voit des mouvements de soutien créés par la junte pour exiger à ce que le Général Mamadi Doumbouya viole son serment et son engagement de départ pour se porter candidat. C’est une mascarade électorale que la junte veut organiser pour légitimer le coup d’Etat en le déclarant vainqueur alors que les principales forces politiques du pays, l’UFR, l’UFDG et le RPG, qui représente plus de 90 pour cent de l’électorat sont réduits au silence, leurs leaders (Alpha Condé, Sidya Touré et Cellou Dalein Diallo) en exil.
Mais pourquoi manifester aujourd’hui ? a-t-on insisté auprès de ce fervent militant de l’UFR.
‘’Aujourd’hui, on manifeste partout, en Europe, aux Etats-Unis, au Canada, au Sénégal et ailleurs, parce que les guinéens, dans leur majorité écrasante, ont compris qu’il faut tout mettre en œuvre pour dégager ces militaires.’’. Mais ce qui est plus choquant, poursuit ce cadre de l’UFR, ‘’ce sont les graves violations des droits de l’homme, notamment les disparitions forcées des opposants, les menaces et les persécutions des leaders politiques et ceux de la Société civile, contraignant certains à l’exil.’’ Et tout ça, sous les yeux de la Communauté internationale qui reste silencieuse malgré nos multiples appels.’’, regrette-t-il.
Et M. Diaby de poursuivre : ‘’Il n’est plus question de donner du temps à ces militaires qui veulent passer par ce référendum pour imposer la candidature du Général Mamadi Doumbouya, par qu’ils (ndl militaires) sont dans une logique de confiscation du pouvoir’’.
‘’Nous nous n’avons pas d’armes comme eux, mais nous avons les populations derrières nous. Et à ce titre que nous accentuons la pression sur cette junte militaire pour la tenue des élections libres et transparentes sans leur participation, car, comme vous le savez, ‘’la place des militaires c’est dans les casernes. L’armée ne doit pas s’inviter dans le débat politique, sa mission est d’assurer la défense de l’intégrité territoriale. C’est aux partis politiques de compétir pour les futures élections. Il faut que cela soit clair’’, a déclaré l’opposant qui appelle à tous les guinéens épris de paix et de justice à se tenir prêt pour les prochaines manifestations.
Ce fervent militant de l’UFR qui ne compte pas baisser les brais dit avoir perdu des investissements de plusieurs années pour des raisons politiques.

‘’Après toutes ces années de lutte pour la démocratie et la bonne gouvernance dans notre pays, ce n’est pas maintenant qu’on va baisser les bras. Moi, ma maison familiale a été détruite pour des raisons politiques, mais cela ne vas pas me faire reculer parce qu’on se bat pour une conviction, et pour l’instauration d’un Etat de droit dans notre pays. On ne peut pas trahir la mémoire des victimes pour la démocratie en Guinée’’, a conclu l’homme politique.
A noter que l’Union des Forces Républicaines est l’une des principales forces politiques du pays qui a participé à toutes les élections en Républicaines de Guinée depuis sa création en 2000. Son leader, Sidya Touré, actuellement en exil en Côte d’Ivoire est une grande figure du paysage politique guinéen.
La prise du pouvoir par le CNRD, la junte militaire qui avait renversé le régime d’Alpha Condé, le 5 septembre 2021, a contraint plusieurs opposants et acteurs de la Société civile de s’exiler pour des raisons de sécurité pendant ce temps des manœuvres de confiscation de pouvoir sont en cours pour imposer le Général Mamadi Doumbouya à la tête du pays à travers une mascarade électorale annoncée pour fin décembre.
Alpha Ibrahima Barry
