Pourquoi les dernières déclarations de Ousmane Sonko créent la polémique au Sénégal
« Je ne démissionnerai pas, je n’irai nulle part », a déclaré Ousmane Sonko, lors d’une réunion politique du parti Pastef, ce 10 juillet 2025 à Dakar.
Au Sénégal, Ousmane Sonko, premier ministre et leader charismatique du parti au pouvoir le PASTEF, occupe de nouveau le devant de la scène politique et médiatique, après des déclarations jugées polémiques par les médias locaux et des observateurs et analystes politiques.
M.Sonko s’exprimait jeudi soir, lors de l’installation du Conseil national de son parti, un organe présenté comme stratégique pour structurer la vie du parti et accompagner les réformes annoncées par le régime au pouvoir depuis 15 mois.
Devant ses militants et des cadres du Pastef , Sonko s’est exprimé en wolof, avec un ton incisif et un style qui a fait la réputation de l’ex-opposant.
Il a fustigé « les pressions, manipulations et tentatives de division » dont il dit être la cible, tout en réaffirmant son engagement aux côtés du président Bassirou Diomaye Faye.
Si les propos d’Ousmane Sonko ont suscité de vives réactions de la presse, de l’opposition et d’une partie de la société civile, c’est en raison de leur contenu très critique envers la gestion actuelle de l’État et des dossiers judiciaires et de leur potentiel à nuire à l’équilibre du pouvoir au sein de l’exécutif sénégalais et à menacer la liberté d’expression.
Relations tendues avec les médias
« Je suis théoriquement le chef de la majorité parlementaire, je suis le chef du gouvernement. Ce qui compte, c’est le projet que nous portons pour le Sénégal » , a-t-il lancé lors de sa dernière sortie.
Accusé par certains d’éclipser voire de fragiliser le président Bassirou Diomaye Faye et d’alimenter une dérive autoritaire, Ousmane Sonko défend, lui, un discours « de vérité » et de « fermeté» face aux défis du pays.
Cette prise de parole du premier ministre sénégalais intervient dans un contexte politique tendu.
D’une part, l’exécutif est confronté à une série de dossiers judiciaires sensibles, notamment des affaires impliquant des dignitaires du régime précédent
D’autre part, plusieurs voix s’inquiètent des menaces contre la liberté d’expression, illustrées par des poursuites récentes contre des journalistes et activistes critiques du pouvoir.

Les propos virulents d’Ousmane Sonko contre certains médias ravivent le débat sur la liberté d’expression et l’indépendance de la justice, au lendemain de l’interpellation de Badara Gadiaga, chroniqueur de la chaîne de télévision privée TFM, pour « discours contraire aux bonnes mœurs », suite à des propos jugés offensants à l’endroit du Premier ministre Ousmane Sonko.
Cette convocation intervient dans un contexte marqué par d’autres procédures visant des journalistes et chroniqueurs.
Premier ministre et leader du parti au pouvoir (PASTEF), Ousmane Sonko n’a pas caché son agacement face à ces critiques médiatiques. Lors d’une récente sortie, il a dénoncé « des chroniqueurs qui s’érigent en procureurs » et affirmé sa volonté de « ne plus laisser prospérer l’irresponsabilité médiatique ».
Ces propos ont été perçus par plusieurs observateurs comme une menace directe à la liberté de la presse. « Nous ne serons pas les chroniqueurs du silence », a répondu Badara Gadiaga, conforté par le soutien de certaines figures politiques et de la société civile.
Sonko a souvent ciblé les médias dans ses discours, les accusant de diffuser des fausses nouvelles et de relayer des critiques injustes. En juin 2024, il a tenu des propos incendiaires contre la presse lors d’un discours au Grand Théâtre de Dakar, ce qui a suscité des critiques de la société civile et des organisations de la presse.
Lors de sa sortie hier, il s’est voulu nuancé en précisant qu’il s’adressait à « certains médias. »
Lire la suite: https://www.bbc.com/afrique/articles/cp86r47drvzo
