Pourquoi l’histoire se répète toujours en Guinée ? (Olladi Ibrahim, journaliste.)
La place de la famille politique du régime passé se retrouve toujours en prison
En Guinée, l’histoire semble condamnée à tourner en rond. Chaque changement de régime s’accompagne d’un scénario déjà connu : les anciens gouvernants, hier applaudis et courtisés, deviennent les indésirables du moment. Les prisons, plutôt que les tribunaux impartiaux ou les mécanismes de justice transitionnelle, deviennent leur destination privilégiée.
De sekou Touré, Lansana Conté, Capitaine Moussa Dadis Camara, Pr.Alpha Condé, après et après…
Cette répétition tragique n’est pas anodine. Elle traduit une absence de rupture véritable dans notre culture politique. Les vainqueurs d’aujourd’hui utilisent les mêmes méthodes que ceux d’hier, reproduisant ainsi un cycle de règlements de comptes et de violences institutionnelles. La Guinée ne fait jamais son deuil du passé, elle le recycle en instrument de vengeance. Comme si c’est une règle politique spéciale.
La conséquence est lourde : la politique devient un champ de bataille où l’alternance est redoutée comme une menace existentielle, et non vécue comme une opportunité démocratique. Chacun se bat pour rester au pouvoir non pas pour servir, mais pour éviter le sort de ses prédécesseurs. Ne ce pas une malédiction pour notre chère Guinée ?
Pourtant, il existe une autre voie. La justice indépendante, la réconciliation nationale, et l’instauration de garanties pour les acteurs politiques de toutes tendances. Tant que nous ne briserons pas ce cercle vicieux, l’histoire continuera de se répéter, et la Guinée restera prisonnière de ses propres prisons politiques.
Sommes nous en carence des hommes avertis ?
Il est temps de poser la vraie question : voulons-nous bâtir une République qui protège tous ses enfants, y compris ceux qui quittent le pouvoir, ou continuerons-nous à écrire indéfiniment la même tragédie ?
Allons nous continuer d’acquiser le colon ou devons nous assumer nos responsabilités ?
Enattendant une réponse, je contemple les oeuvres politique en prenant mon café !
Que Dieu sauve la Guinée en ouvrant nos yeux.
Olladi Ibrahim

Journaliste.
