Contre La sansure

PRÉSIDENTIELLE DU 28 DÉCEMBRE : LA COLÈRE DE DIEU ET LES SIGNES DE LA MALÉDICTION

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Depuis plus de quatre ans, Mamadi Doumbouya et le CNRD, un cercle restreint d’une dizaine d’officiers, gouvernent la Guinée sans partage. Arrivé au pouvoir le 5 septembre 2021, sous les acclamations d’un peuple meurtri, l’ancien légionnaire français s’était présenté comme un libérateur et un refondateur. Il a finalement trahi ses engagements, son serment et la Charte de la transition qu’il avait lui-même imposée comme Constitution provisoire.

Son avènement avait suscité un immense espoir : celui de rompre avec des décennies de trahisons politiques, de crimes d’État, d’injustices systémiques et de paroles reniées. Ces dérives, accumulées au fil des régimes, ont nourri ce que beaucoup assimilent aujourd’hui à une colère divine, perceptible dans l’effondrement moral, social et institutionnel du pays.

L’illusion fut de courte durée. Le « refondateur » s’est révélé en cauchemar. Au lieu de refonder l’État, il a institutionnalisé la corruption ; au lieu de rectifier les institutions, il a installé un autoritarisme liberticide ; au lieu de rassembler, il a attisé la division ; au lieu de redresser le pays, il a précipité l’affaissement des valeurs et des espérances ; au lieu de repositionner la Guinée, il l’a replongée dans la subordination aux impérialistes.

La justice, censée être la boussole de la transition, est devenue un instrument de répression et de légitimation de l’illégalité. La vie humaine a été banalisée, les droits humains piétinés, la liberté d’expression placée sous tutelle et la presse traitée comme une menace.

La Charte de la transition, violée à répétition, a été enterrée au profit d’une Constitution imposée sans caution morale ni légitimité populaire. En clair, la Guinée est devenue ce qu’elle n’aurait jamais dû être au XXIᵉ siècle.

En quatre ans, au moins soixante-dix Guinéens ont été tués par les forces de défense et de sécurité. D’autres ont été enlevés ou portés disparus, y compris un vieillard de 75 ans et des enfants pris en otage pour les opinions de leurs proches. Face à cette barbarie, un silence coupable s’est installé : ni sages, ni autorités religieuses, ni institutions n’ont eu le courage de dénoncer cette faillite morale.

Parallèlement, le régime a promu des « insultologues » érigés en modèles, révélant une décomposition morale où l’indécence est banalisée et l’autorité désacralisée. Pendant ce temps, les citoyens sont invités à chanter et à danser, tandis que le pouvoir se donne en spectacle. Quand l’autorité se divertit, elle n’élève plus : elle anesthésie, souvent pour masquer l’échec et la peur du jugement populaire.

Comme si cela ne suffisait pas, la Guinée s’apprête à vivre une aberration politique : un président autoproclamé qui entend se faire élire sans campagne, sans débat et sans confrontation. Invisible depuis des semaines, Mamadi Doumbouya laisse le Premier ministre, le gouvernement et l’administration battre campagne à sa place. Une mascarade où l’État remplace le candidat.

Quatre années de « refondation » auront surtout consacré les pratiques les plus sombres : interdiction de la contestation, criminalisation de l’opposition, confiscation de la souveraineté populaire et mépris de l’intelligence collective.

La présidentielle du 28 décembre ne sera donc pas une élection ordinaire, mais un moment de vérité pour la conscience nationale. Car les peuples sont jugés non seulement sur ce qu’ils subissent, mais aussi sur ce qu’ils acceptent ou laissent faire.

L’histoire, comme la loi morale, finit toujours par trancher. La parole trahie, le serment profané, l’injustice normalisée et le sang innocent versé ne disparaissent jamais. Chaque génération est comptable de ce qu’elle transmet : la dignité reconquise ou l’humiliation acceptée. La Guinée est aujourd’hui placée devant ce choix fondamental, et nul ne pourra dire demain qu’il ne savait pas.

Anonymous 1er,                                                                                                                                               l’autre citoyen indigné qui vient de se réveiller dans la presqu’île de Kaloum.

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