Présidentielle ivoirienne: 2 femmes et 3 hommes pour 1 fauteuil!
Doubles parrainages ou parrainages avec des faux numéros de carte d’identité, absence du reçu de la caution de 50 millions de FCFA, manque de l’attestation de régularité fiscale, condamnations par la justice, etc. Ce sont là, quelques uns des freins qui ont éteins l’ambition présidentielle de 55 Ivoiriens qui lorgnaient le fauteuil présidentiel qui sera mis en jeu, officiellement, le 25 octobre prochain. Les élus qui ont eu le du Conseil constitutionnel sont donc 5, soit 3 hommes et deux femmes. En tout cas, tout peut être reproché aux grands juges, sauf le respect du genre!
Ainsi donc, Simone Ehivet, celle qui porte le surnom mérité de «dame de fer», sur les berges de la Lagune Ebrié, son passé dense de syndicaliste et de politicienne redoutable plaide pour elle, et qui connaît assez bien le palais présidentiel pour y avoir séjourné en tant que Première dame, épouse alors de l’ancien président Laurent Gbagbo, sera sur la ligne de départ de cette compétition électorale, en tant que candidate du Mouvement des générations capables (MGC). L’autre représentante de la gent féminine, Henriette Adjoua Lagou, n’étant sans doute pas la plus connue de ce quatuor de candidats qui va affronter le président sortant, va devoir nouer très fort le pagne, pour défendre les couleurs du Groupement des partenaires politiques pour la paix (GP-PAIX). En plus de ces deux femmes, le transfuge du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) Jean-Louis Billon, qui concourt sous la bannière du Congrès démocratique (Code) et Ahoua Don Mello, récemment démis de ses fonctions de vice-président exécutif du Parti des peuples africains-Côte d’Ivoire (PPA-CI), se mesureront à Alassane Ouattara, dont la candidature contre laquelle une partie de l’opposition est vent debout, continue et fera encore longtemps des gorges chaudes.
Les grands juges n’ont donc pas eu besoin d’attendre la date butoir du 10 septembre, pour rendre publique la liste finale des candidats retenus et qui iront à l’assaut du fauteuil de Alassane Ouattara, le président de la République, lui-même candidat, pour la quatrième fois à sa propre succession. Ils ont asséné le coup de maillet réjouissant pour certains états-majors politiques et cause d’amertume dans d’autres. Sur la pléthorique liste de 60 candidats au départ, ils seront finalement cinq à s’aligner dans les starting-blocks de l’élection présidentielle prévue pour le 25 octobre, soit dans moins de deux mois.
Sans surprise, les deux candidats emblématiques, l’ancien chef de l’Etat Laurent Gbagbo du PPA-CI et Tidjane Thiam, le cheval du PDCI-RDA, sont «out», mais peut-être pas KO, parce que leurs lieutenants affirment que le combat est loin d’être terminé. Questions: le Conseil constitutionnel étant le dernier organe de droit, de quelle arme dispose désormais les deux candidats recalés pour se faire entendre? Dans un élan de «Tout sauf Oauttara», se rangeront-ils, la mort dans l’âme, derrière les adversaires du champion du parti au pouvoir, le Rassemblement des Houphouétistes pour la démocratie et la paix (RHDP)? En rappel, Laurent Gbagbo est interdit de «match» en raison de son carton rouge sous la forme de sa radiation du fichier électoral et de sa condamnation par la justice de son pays liée à l’affaire du «braquage de la BCEAO», alors que Tidjane Thiam a été écarté du fait de double nationalité qui l’a empêché de figurer sur la liste électorale et d’y être réintégré, nonobstant son chapelet de recours.
L’opposition sans grand moyen de lutte face à la puissante machine électorale du RHDP le parti au pouvoir. C’est la configuration de cette bataille, qui, avec tout le respect dû aux autres candidats, pourrait ne plus en être du tout une, en l’absence de Laurent Gbagbo, de Tidjane Thiam et de Pascal Affi N’Guessan du Front patriotique ivoirien (FPI), tous mis hors-jeu, pour diverses raisons.
La campagne électorale va démarrer officiellement, le 10 octobre, dans une atmosphère d’incertitudes, mais surtout de la psychose générale de la crise post-électorale de 2010 dont les séquelles sont encore visibles dans une Côte d’Ivoire socio-politique marquée au fer et fragilisée du fait d’une réconciliation nationale qui est demeurée une symphonie inachevée. Il y a la légalité mais elle doit souvent aller de pair avec la légitimité populaire, surtout quand la démocratie est le modèle de gouvernement. De plus, les longs règnes n’ont jamais porté bonheur à la démocratie. Alassane Ouattara est bien placé pour tirer leçon de cette vérité non écrite, mais souvent implacable, lui qui a vécu, en tant qu’acteur, la guerre de succession qui a suivi, la mort du président Félix Houphouët Boigny, le «Vieux» dont il a été l’un des Premiers ministres!
Certes juridiquement, et surtout du fait de la jurisprudence créée par sa candidature de 2020, facilitée par la constitution de 2016, Alassane Ouattara a bien le droit de se présenter pour un autre mandat. Mais, la situation socio-politique tendue du pays devrait mieux le faire réfléchir.
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