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Projet minier AGB2A-GIC : Ahmed Kanté renvoyé devant le tribunal pour abus de confiance

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L’affaire du projet minier AGB2A-GIC a pris un tournant judiciaire majeur. Le 2 septembre 2025, la Chambre spéciale de contrôle de la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF) a annulé une précédente décision de non-lieu rendue en avril et ordonné les poursuites contre Ahmed Kanté, ancien Directeur général de la SOGUIPAMI, pour abus de confiance.

Les accusations de faux et usage de faux, initialement retenues contre lui, ont été abandonnées par la cour. Toutefois, selon les plaignants, M. Kanté aurait modifié unilatéralement des documents statutaires afin de transférer des actions de la société à son propre bénéfice ainsi qu’à celui de prête-noms. Cette manœuvre aurait privé les ayants droit de M. Claude Lorcy de leurs parts et détourné une part significative des bénéfices générés par le projet minier.

En décidant de relancer la procédure, la Cour d’appel réaffirme sa volonté d’instruire pleinement ce dossier sensible, envoyant ainsi un signal fort quant à la protection des investissements dans le secteur minier guinéen, pilier de l’économie nationale.

En plus de l’affaire AGB2A-GIC, M. Kanté fait également l’objet d’une procédure distincte impliquant la société African Bauxite Corporation (ABC). Il est poursuivi pour abus de confiance et concurrence déloyale devant la Cour d’appel de Conakry. Deux recours ont été introduits — l’un par le ministère public et l’autre par ABC, qui cherche activement à faire valoir ses droits dans un litige aux enjeux économiques considérables.

La dernière décision rendue dans l’affaire CRIEF indique que M. Kanté serait en réalité à l’origine de la création de GIC, ayant initialement désigné des prête-noms comme actionnaires avant de s’attribuer ultérieurement les actions. Cet élément vient renforcer la position du procureur de Kaloum et de la société ABC dans leur recours, dans la mesure où il contredit les déclarations faites par M. Kanté devant le tribunal de Kaloum, où il avait affirmé n’entretenir aucun lien avec GIC ni en être actionnaire lors de sa création. Cette situation laisse entrevoir une volonté manifeste de sa part de prendre le contrôle du projet.

Il convient de rappeler que le procureur Youssouf Fofana a fermement condamné ce qu’il a qualifié de « banditisme intellectuel » et d’abus de confiance aggravé, accusant l’ancien ministre d’avoir exploité à des fins personnelles des informations confidentielles obtenues durant ses fonctions publiques, sans avoir apporté ni investissement financier ni expertise technique au développement du projet.

En dépit de ces procédures judiciaires en cours, Ahmed Kanté chercherait encore à acquérir le permis minier précédemment détenu par Axis Minerals, une initiative qui inquiète les observateurs du secteur. Cette démarche met en évidence un conflit d’intérêts, puisqu’un ancien haut responsable, poursuivi pour des infractions économiques, tente une nouvelle fois de reprendre le contrôle d’un projet qu’il supervisait en tant que directeur de la SOGUIPAMI, tout en étant sous enquête à la CRIEF et devant le tribunal criminel de Kaloum.

Pour de nombreux analystes, l’affaire AGB2A-GIC illustre les défis systémiques qui minent le secteur minier guinéen. Elle met en lumière l’urgence de lutter contre les pratiques manipulatrices et les détournements qui risquent de saper la confiance des investisseurs nationaux et étrangers dans un secteur vital pour l’avenir économique du pays.

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