Contre La sansure

Quand les menteurs s’entrechoquent, le ridicule fait trembler les murs

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Il était une fois, dans la grande fabrique de la mythomanie labéenne, trois apprentis scénaristes :
– un ministre de la Jeunesse qui se rêve sauveur,
– un porte-parole de gouvernement reconverti en Saint-Bernard de la République,
– et un ex-trésorier devenu conteur de fables pour veillées de naïfs.

À les entendre, c’est grâce à eux que je respire encore. Ils auraient, chacun à leur manière, allumé ma bougie dans les ténèbres de Conakry. Mieux : sans eux, pas de visa, pas d’espoir, pas de dignité retrouvée. J’exagère ? Eux, beaucoup plus.

Commençons par Cellou Baldé, auto-proclamé récupérateur de passeports perdus. Il aurait bravé vents, marées et paperasses pour faire tamponner mon avenir. Un geste noble, certes… sauf que dans la réalité, mon passeport n’a jamais quitté mes mains. Il est resté bien au chaud pendant que je me présentais à l’ambassade de France — seul comme un palmier au milieu du désert. Qui peut témoigner ? Madciré Tofan BarryDiallo, témoin numéro un et rieur officiel de la République. Il m’a vu. Pas dans un salon VIP. À l’ambassade. Aucun député à l’horizon.

Puis vint Ousmane Gaoual Diallo, qui, dans la version distribuée par la troupe Sampiring & Associés, devient mon Jean Valjean personnel. Il m’aurait organisé un traitement médical, recommandé à des spécialistes en province, rédigé des protocoles de soins, qui sait ? Peut-être même opéré lui-même avec un stéthoscope d’apparat.
La réalité ? Oui, il m’a accueilli à l’aéroport. Oui, j’ai passé la nuit dans un hôtel non loin de chez lui, qu’il a réglé. C’est un geste que je salue — avec sincérité.
Mais le lendemain, j’ai poursuivi mon chemin.
Ni soins, ni médecin, ni ministère de la santé improvisé.
Une escale de courtoisie, pas une épopée médicale.

Ce que Gaoual ne dira jamais, c’est qu’à cette époque, il était coordinateur de la Cellule de communication, et j’étais son cerveau.
Je concevais, il débitait.
Je rédigeais, il lisait.
Je structurai, il capitalisait.

 »Quand Ousmane Gaoual était coordinateur de la Cellule de communication de l’UFDG, j’étais son cerveau ».

Aujourd’hui, il grimace à l’idée que cette vérité refasse surface. Alors, comme souvent chez ceux qui n’ont plus d’arguments, il brode. Il enjolive. Il travestit.

Et puis il y a Malal Diallo, le trésorier devenu poète malgré lui.
Lui, il emballe tout dans une romance enfumée.
Il ajoute des chandelles, des soupirs, des gestes généreux jamais posés.
C’est du roman sentimental version finances :
il se donne le beau rôle, celui de l’ombre bienveillante qui tire les ficelles.
Sauf que… dans la vraie vie, il m’a refusé un papier essentiel à mon dossier.
Et c’est sans ce document que j’ai obtenu mon visa.
Tout seul. Avec rigueur. Sans romance.

Mais voilà. Dans cette pièce de théâtre absurde, chacun veut être le héros du voyage d’Alpha Issagha Diallo.
Chacun tire le drap. L’un à gauche. L’autre à droite. Le dernier recoud les bords avec les dents.
Mais aucun ne l’a tissé. Je l’ai cousu moi-même. Avec mes démarches. Mon isolement. Mon courage tranquille.

Et pendant qu’ils s’entre-bouffonnent dans des salons parfumés à l’encens de leur propre importance, Madciré Tofan BarryDiallo se tord de rire.
Lui, il sait.
Lui, il a vu.
Et surtout, lui, il se tait. Parce que lui, au moins, n’a jamais menti pour apparaître dans une histoire qui ne lui appartient pas.

Et maintenant, mettons les choses au clair :
Les trois réunis ne peuvent pas rivaliser contre moi dans un débat.
À plus forte raison, pris individuellement, ils fuient l’affrontement comme la peste.
Alors ils se réfugient là où ils excellent : la calomnie. Le ragot. Le fouinement dans la vie privée d’autrui.
C’est leur seule arme. Leur seul abri. Leur seule religion.

Alpha Issagha Diallo
Écrivain, témoin du réel
Survivant de la fabrique des mythes
Épouvantail de ceux qui mentent en chœur.

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