Quand l’ignorance gouverne, la barbarie devient la loi
On étudie pour humaniser le cerveau, pour l’armer de morale, l’illuminer de conscience, afin que l’homme agisse avec raison, retenue et discernement.
On s’instruit pour comprendre que la vie humaine a une valeur, que le pouvoir est un service, que la justice ne se tord pas au gré des caprices d’un uniforme ou des délires d’un despote.
Mais ceux qui n’ont pas étudié, ou qui ont fui la lumière de l’esprit, n’agissent que par la force.
La brutalité est leur langage.
La répression, leur outil.
La peur, leur religion.
Ils répriment là où ils devraient dialoguer.
Ils tuent là où ils devraient écouter.
Ils bâillonnent là où ils devraient protéger.
Car l’ignorance, quand elle s’empare d’un État, devient une machine de répression froide et aveugle. Elle confond autorité et brutalité, respect et soumission, critique et trahison. Elle voit dans le savoir une menace, dans la pensée un danger, dans la vérité un ennemi à abattre.
Ceux qui ont fui la lumière de la pensée voient dans chaque intellectuel un ennemi, dans chaque voix critique un complot, dans chaque vérité une insubordination. Alors, ils traquent les journalistes, persécutent les activistes, réduisent au silence les avocats, achètent la conscience des syndicalistes, emprisonnent les citoyens ordinaires, écartent les militaires intellectuels. Ils s’acharnent sur les consciences parce que la pensée libre dérange l’instinct brutal.
Ce n’est pas un hasard si l’on contraint les esprits libres à l’exil et qu’on glorifie les béni-oui-oui et protéger les médiocres. La conscience dérange les médiocres !
La Guinée traverse aujourd’hui une période sombre, non pas seulement politique, mais intellectuelle et morale. Une période sombre où la médiocrité gouverne, où le débat est remplacé par la matraque et où la raison est muselée par le fusil.
Mais il faut le dire haut et fort :
On ne gouverne pas un peuple avec des matraques.
On ne dirige pas une nation avec des fusils.
On ne construit pas l’avenir d’un pays en kidnappant les porteurs de lumière.
Quand la violence remplace le droit, quand l’ignorance écrase la sagesse, le pays devient une jungle où la raison est enchaînée et la dignité piétinée.
L’Histoire nous enseigne que toutes les dictatures fondées sur l’ignorance s’effondrent, tôt ou tard, sous le poids de leur propre absurdité. Car la conscience peut être bâillonnée un moment, mais jamais à jamais.
Le jour vient toujours, où la lumière rattrape l’ombre.
Et ce jour-là, aucun treillis, aucun mensonge, aucune manipulation, aucune terreur ne tiendra face à la révolte des cœurs éveillés. Le peuple, éclairé par ceux qu’on voulait faire taire, rejettera l’obscurantisme en treillis, pour reconstruire un pays debout, libre, juste et digne.
Pauvre Guinée !
Nous sommes assignés, affligés, exilés et abandonnés.
Nous sommes kidnappés, violentés et tués.
Nous sommes emprisonnés, réprimés et persécutés.
Nous sommes sacrifiés, choqués et indignés.
Maintenant, nous sommes révoltés, car trop s’est trop.
