Contre La sansure

Quand on impose la faim pour obtenir une adhésion.

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Dans l’histoire des peuples, la faim a toujours été une arme redoutable, mais rarement assumée. C’était l’une des stratégies d’Adolfe Itler. Elle se cache derrière des pénuries « accidentelles », des caisses vides, des promesses creuses et des tas de slogans patriotiques.

Pourtant, ce n’est pas une fatalité naturelle, mais bien une stratégie : affamer pour mieux soumettre.

Aujourd’hui chez nous, les discours officiels chantent le développement, les projet gigantesques la souveraineté et l’autosuffisance alimentaire.

Mais dans la réalité, le quotidien du citoyen est marqué par une flambée des prix, une crise des billets de banque et l’impossibilité de joindre les deux bouts. Et ce fait n’est pas seulement une crise économique, apparemment c’est un choix politique. Car la faim devient un outil de persuasion silencieuse, un levier de domination.

Quand l’État ferme les entreprises (Médias) bref, des robinets financiers, bloque la circulation des liquidités, ou laisse s’installer la spéculation sur les denrées de première nécessité, il ne s’agit plus de simples maladresses de gestion. Il s’agit d’une stratégie : pousser la population à la résignation et à la dépendance. On affame le ventre pour acheter l’esprit tel est une autre philosophie politique. On crée un climat où l’adhésion à un projet politique n’est plus le fruit de la conviction, mais une question de survie.

C’est ainsi que naît le chantage social : « Acceptez nos réformes, soutenez notre Constitution, acclamez nos refondateurs », sinon le marché reste vide, les poches restent sèches, et les marmites vont se pleindre ou elle ne fument guère. La faim devient une carte électorale invisible.

Mais une question reste pendante : combien de temps encore un peuple acceptera-t-il d’être pris en otage par son propre bol de riz ? L’histoire montre que l’estomac est patient, mais jamais éternellement soumis. La faim qui courbe les dos aujourd’hui pourrait bien être celle qui redresse demain les poings, disait mon grand père.

La dignité d’un peuple ne se marchande pas avec du pain rassis. L’adhésion par la faim est une illusion de pouvoir. Car tôt ou tard, le citoyen affamé devient l’opposant déterminé.

Entendant une issue favorable je gère ma fraîcheur.

Olladi Ibrahim, journaliste

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