Contre La sansure

Quand un officier s’engage sur l’honneur et la parole donnée:

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Le 5 septembre 2021, le colonel Mamadi Doumbouya, alors commandant du Groupement des Forces Spéciales, apparaissait devant les caméras, entouré de ses hommes, pour annoncer un changement historique à la tête de l’État guinéen. Quelques jours plus tard, il prêtait serment en tant que président de la transition, la main posée sur le Coran et la bible, dans un geste lourd de symboles et de conséquences. Ce moment fut pour la Guinée un pacte. Car, en prêtant serment sur les Livres saints, Mamadi Doumbouya ne s’engageait pas seulement devant Dieu : il liait son honneur d’officier à la promesse faite au peuple.
Ce jour-là, le général promettait au monde entier que lui et son gouvernement ne participeraient pas à la compétition politique à l’issue de la transition. Devant les Guinéens, les institutions internationales, les caméras nationales et étrangères, il affirmait, avec solennité : « Ni moi, ni les membres du Comité national du Rassemblement pour le Développement, ni les membres du Conseil national de la Transition, ni les membres du gouvernement ne seront candidats aux futures élections. Nous ne sommes candidats à rien dit-on. » (31 décembre 2022).
Mieux encore, dans un entretien accordé à Alain Foka (RFI / France 24) en novembre 2021, il allait plus loin : « Ni moi ni aucun membre de cette transition ne sera candidat à quoi que ce soit. Nous allons mener la transition à bon port… »
Mamadi Doumbouya: « Ni moi ni aucun membre de cette transition ne sera candidat à quoi que ce soit. Nous allons mener la transition à bon port… »
Ces engagements trouvent leur fondement juridique dans la Charte de la Transition, notamment :
Article 77 : « Le Président de la Transition, les membres du Comité national du Rassemblement pour le Développement (CNRD), le Premier ministre, les membres du Gouvernement ainsi que les membres du Conseil national de la Transition (CNT) ne peuvent pas se porter candidats aux élections à l’issue de la transition. »
Article 1er : « La présente Charte définit les missions, les principes et les institutions de la Transition. Elle a pour objet le retour à l’ordre constitutionnel. »
Ces paroles et ces articles ne sont pas banals. Ils sont la colonne vertébrale morale et juridique de la transition guinéenne. Ils ont rassuré une nation qui aspirait à un retour à l’ordre constitutionnel. Ils ont aussi réduit au silence les soupçons de confiscation du pouvoir et jeté les bases d’une gouvernance neutre, au service de l’État et non d’un clan.
Aujourd’hui, certains opportunistes, propagandistes sans honneur, les « kouyons » de la République, chantres d’une mémoire courte, appellent de leurs vœux une candidature du général. Ils avancent ses réalisations, feignent d’oublier ses engagements. Mais l’histoire ne s’écrit pas avec les caprices du moment. Elle se fonde sur la parole donnée, sur la dignité, sur l’engagement d’un homme qui a dit : « Je ne suis pas venu pour servir un homme, mais pour servir la République. »
Et je reste convaincu, j’en suis sûr : le général Doumbouya ne succombera jamais à la tentation des courtisans. Il est un soldat. Il sait que l’honneur d’un officier ne se marchande pas. Sa grandeur réside dans sa capacité à s’effacer au profit de la nation.
Nombreux sont les Guinéens qui croient à la parole donnée. Que les propagandistes s’abstiennent : le général va les surprendre. Il ne faiblira pas. Il tiendra parole.
Seulement, le peuple est inquiet par rapport aux reports non justifiés, mais cela n’empêche pas de mesurer la teneur de la parole donnée. Car au-delà des incertitudes du calendrier, l’engagement reste gravé dans la mémoire collective.
Il va falloir que les propagandistes cessent de faire dire au peuple ce qu’il n’a jamais dit. Le peuple guinéen n’a jamais manifesté pour solliciter une candidature du général. Qu’ils cessent de parler en son nom.
Que les Africains priorisent la construction d’institutions fortes plutôt que la personnalisation du pouvoir. Car c’est par la solidité des institutions que les nations se pérennisent.
La Guinée a besoin de véritables institutions, pas d’hommes providentiels. Le sacrifice ultime du soldat n’est pas de mourir pour la patrie, mais de renoncer à la gloire quand le devoir l’exige. Quand un officier s’engage, il le fait au nom de la parole, de l’honneur, et de l’avenir du pays.
L’Histoire observe. Et la postérité jugera.

Konaté Lanciné

Jeunesse du RPG Arc-en-Ciel..

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