RETOUR DE PAUL BIYA AU CAMEROUN : Des interrogations demeurent tout de même
Cette fois-ci aura été la bonne. C’est le moins que l’on puisse dire. En effet, après sept semaines d’absence sur fond d’inquiétudes, le président camerounais, Paul Biya, a signé son retour au bercail en fin de journée du 21 octobre dernier. Il a été accueilli par une foule en liesse acquise à sa cause.
L’occasion était donc toute trouvée pour faire pâlir de jalousie tous ceux qui relayaient les informations alarmantes sur la santé du locataire du Palais d’Etoudi. C’est de bonne guerre, même s’il faut le reconnaitre, des interrogations subsistent : qu’est-ce qui justifie la longue absence de Paul Biya du Cameroun ? Dans quel état de santé est-il retourné au pays ? Est-il toujours suffisamment lucide pour diriger le Cameroun au point de briguer un autre mandat à la présidentielle qui se profile à l’horizon ?
Autant de questions que se posent bien des Camerounais, sans réponse, et cela, en l’absence de toute communication officielle. Pour le moins, on sait qu’en Afrique, bien des chefs d’Etat sont si accrocs du pouvoir qu’ils ne sont pas prêts à y renoncer, même pour des raisons de santé. On l’a vu en Algérie avec le président Abdelaziz Bouteflika qui, même dans son fauteuil roulant, pardon, présidentiel, y est resté scotché jusqu’ à sa mort.
Paul Biya à l’occasion, s’il le veut, de marquer positivement l’histoire
La suite, on la connaît. Car, il a été sorti de l’Histoire par la fenêtre, humilié qu’il a été par son peuple. On l’a vu aussi au Gabon où le président Ali Bongo, après s’être remis de son AVC, a tenté de reprendre la main, s’efforçant du mieux qu’il pouvait, de rassurer ses compatriotes sur son état de santé.
Finalement, il a été déposé par des militaires soutenus par un peuple qui aspirait au changement. Pour autant qu’il ne souhaite pas vivre le même sort, Paul Biya, après tant de décennies de règne sans partage, gagnerait à faire enfin valoir ses droits à la retraite. Ainsi, il pourrait s’éviter l’humiliation dont ont été victimes certains dirigeants du continent qui, se faisant passer pour des messies, refusaient de s’imaginer une autre vie en dehors du pouvoir.
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