Retournement de verste de certains journalistes: Eviter la généralisation et l’amalgame
La transition en cours a fait tomber beaucoup de masques. Ce qui était noir hier est devenu rose aujourd’hui. L’inacceptable pour les uns est devenu acceptable voire souhaitable pour les autres. Et le peuple observe. Car, contrairement à ce que les pourfendeurs d’hier devenus thuriféraires d’aujourd’hui pensent, le peuple n’est pas dupe.
Face à la nouvelle posture de certains journalistes, ils sont voués aux gémonies. Parfois sans exception. Certains citoyens affirment qu’ils regrettent d’avoir soutenu les 3 médias fermés en mai 2024. D’autres estiment que les journalistes ont trahi Oumar Sylla alias Foniké Mengué, Billo Bah et Habib Marwane Camara. Parce que les ennuis de ces trois hommes sont consécutifs à leur lutte pour la liberté de la presse.
Devant la généralisation et l’amalgame, il me semble nécessaire de faire cette mise au point. A cause de l’attitude et le comportement de certains journalistes, toute la corporation ne doit pas être pointée d’un doigt accusateur. Soutient-on les journalistes ou la liberté de presse et d’expression ? A mon avis, ce n’est pas parce que des journalistes (pas les journalistes) soutiennent aujourd’hui ce qu’ils pourfendaient hier qu’il faille jeter la pierre à toute la corporation.
La liberté d’informer et d’être informé est un droit citoyen. Les Guinéens se battent depuis plus de 3 décennies pour arracher cette liberté. Ce n’est pas parce que quelques journalistes, qui n’étaient en réalité que des chroniqueurs, font comme le médecin fumeur qui interdit à son patient de fumer, qu’il faille renoncer à ce droit.
En dépit d’un contexte particulièrement défavorable, il y a encore des journalistes dont le seul crédo demeure l’éthique et la déontologie. Est-il besoin de rappeler que depuis février 1992, le journal le Lynx n’a pas changé sa ligne éditoriale d’un iota. Parce que sa différence avec d’autres c’est que son fondateur/administrateur général n’est pas un homme d’affaires. C’est un journaliste au sens noble du terme.
Lorsqu’un affairiste crée un organe d’information pour se remplir les poches ou un homme politique le fait pour bénéficier d’une immunité, il va de soi que le discours et le contenu changent selon le contexte. Vivement donc l’impérieuse nécessité de séparer le bon grain de l’ivraie.
