Contre La sansure

Sékou Touré: le débat continue encore

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Des pro et anti Sékou Touré continuent de débattre. Les premiers soutiennent que le premier chef de l’Etat guinéen était un nationaliste panafricain et les autres, comme Babahady Maréga, de l’Association des victimes du Camp Boiro (AVCB, estiment le contraire. Même si les faits donnent raison à ces derniers, les autres, eux, campent sur leurs positions.  

Généralement, ceux qui ont vécu en Guinée au cours des années 70 n’ont toujours pas oublié cette période difficile où tout manquait sur tous les plans socioéconomiques et politiques. La reprise des relations entre la France et son ancienne colonie, suivie du rétablissement des ponts entre Conakry et Dakar d’une part et Conakry et Abidjan de l’autre auguraient de bonne perspectives pour les guinéens. Seulement, la Guinée, mal gérée par le régime Sékou Touré tant du point de vue économique que politique, marquée par des purges à tous les niveaux, avait d’innombrables priorités auxquelles il fallait faire face.

Pour Babahady Maréga, « On leur (le régime de Sékou Touré, ndlr) a confié un petit paradis en 1958. Ils en ont fait une prison à ciel ouvert, avec une économie délabrée et des mœurs d’un autre âge. » Il estime que les pro Sékou Touré devraient trouver « l’humilité d’avoir le profil bas pour avoir fait de ce beau pays un pays qui est parmi les derniers dans beaucoup de domaines. »

Si Babahady Maréga ne se fatigue pas de débattre c’est, souligne-t-il: « En fait il est bon de leur mettre la pression parce qu’il faut que les élites entendent la vérité crue. Beaucoup comprennent car ils n’ont pas forcément l’habitude d’entendre des vérités crues. Quant aux irréductibles, il faut qu’ils sachent qu’ils n’ont pas le monopole de la parole. Ils n’ont pas l’habitude qu’on leur dise les vérités. »

Pour un autre membre de l’AVCB, « si Sékou Touré des années 80 avait été celui des années 70, peut-être que notre pays aurait été dans une meilleure situation socioéconomique que celle qu’il a laissée en mars 1984. Il n’aurait pas tué toute l’élite intellectuelle et militaire pour nous laisser avec des cadres civils et militaires militants de son PDG RDA, de sa république populaire. Hélas… Lansana Conté s’est débrouillé pour nous donner le multipartisme sans démocratie, Dadis Camara a fait son coup d’État inutile. Sékouba Konaté l’a renversé pour offrir le pouvoir à Alpha Condé qui, au lieu de reconstruire le pays s’est donné comme objectif premier de ramener la Guinée là où, selon lui, Sékou Touré l’avait laissée. Et voici Mamadi Doumbouya pour faire ce sale boulot… »

Ibrahima Sory BALDÉ

 

 

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