Sénégal: Ousmane Sonko menace de quitter le gouvernement si Bassirou Diomaye Faye rompt avec la ligne du Pastef
Le Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko a averti, lundi 2 mars, qu’il était prêt à sortir son parti du gouvernement si le président Bassirou Diomaye Faye venait à rompre avec la vision du Pastef. Ces déclarations interviennent dans un contexte de rumeurs persistantes de lutte de pouvoir entre les deux anciens alliés.
Le Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko s’est dit prêt, lundi 2 mars, à retirer son parti du gouvernement et à retourner dans l’opposition si le président Bassirou Diomaye Faye venait à rompre avec la vision du parti des Patriotes africains du Sénégal pour le travail, l’éthique et la fraternité (Pastef). Ces avertissements surviennent alors que des rumeurs de lutte de pouvoir circulent entre les deux anciens alliés.
La situation est tendue au Sénégal depuis des violences dans les universités et d’interminables négociations avec le Fonds monétaire international (FMI), alors que Dakar s’efforce de lever des fonds et de conclure un nouveau programme de prêts. Le Fonds avait gelé un programme de 1,8 milliard de dollars en 2024, après que le gouvernement d’Ousmane Sonko eut révélé des dettes mal déclarées par l’administration précédente, estimées à plus de 11 milliards de dollars.
Entre « cohabitation douce » et retour dans l’opposition
Interrogé par un militant sur ses relations avec le chef de l’État lors d’une émission en direct dimanche, Ousmane Sonko a affirmé que le « débat » n’aurait plus lieu d’être « si le président est aligné avec son parti ». « Si le président n’est pas aligné avec son parti, même si nous gouvernons tous ensemble, nous sommes dans ce que j’appelle une situation de ‘cohabitation douce' », a-t-il poursuivi. « Nous gérerions nos divergences en conséquence, et nous chercherions également un terrain commun pour avancer ensemble. »
En cas de rupture plus nette, il a prévenu qu’ils se retrouveraient soit dans « une cohabitation plus difficile », soit dans une situation où le Pastef, qu’il dirige et qui détient la majorité au Parlement, retournerait dans l’opposition. « Le Pastef n’a aucun problème avec l’une ou l’autre de ces options », a-t-il martelé.
Figure de l’opposition sous l’administration précédente, Ousmane Sonko avait été empêché de se présenter à l’élection présidentielle de 2024 en raison d’une condamnation judiciaire. Il avait alors choisi Bassirou Diomaye Faye, collaborateur de longue date et membre du Pastef peu connu du grand public, comme candidat à sa place. Bassirou Diomaye Faye l’avait ensuite nommé Premier ministre.
