Contre La sansure

SIMANDOU : ET SI ON NOUS JOUAIT UNE MISE EN SCÈNE ?

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Alors que les autorités annoncent en grande pompe la réception des premiers trains de minerais au port de Moribaya, une série de questions légitimes s’impose. Où sont les preuves visibles ? Où sont les témoignages des populations ? Où sont les éléments factuels qui devraient accompagner un événement d’une telle portée économique et stratégique ? Où sont passés les trains ?

Les journalistes d’investigation guinéens ont ici un rôle essentiel. Ils doivent vérifier, enquêter, interroger les faits. Les populations vivant le long du rail ont-elles réellement vu passer des trains chargés de minerai ?

Assiste-t-on à un véritable acheminement ferroviaire ou simplement à un transport routier maquillé, avec du minerai stocké ailleurs pour donner l’illusion d’une opération ferroviaire ?

Si l’événement était authentique, il devrait être vécu, constaté et célébré par les communautés de l’intérieur du pays, celles qui bordent le chemin de fer, pas uniquement mis en scène au terminus, à Moribaya, en présence de caméras soigneusement sélectionnées.

Le CNRD, un pouvoir capable de tout ?

La question se pose. Nous avons appris, au fil des récents épisodes, à quel point ce régime peut user de communication spectaculaire pour masquer des zones d’ombre. Faut-il rappeler la mise en scène orchestrée par Djiba Diakité au port de GAC à Kamsar, spectacle dont l’objectif semblait surtout être de « préparer les esprits » ?

Un silence international qui interroge

Autre élément troublant, sur les sites des partenaires internationaux, aucune annonce majeure. Aucun communiqué. Aucun écho.

Un projet d’une telle envergure devrait pourtant avoir un retentissement immédiat à l’international. Ce sont d’abord les investisseurs de ce projet qui devraient allumer le feu d’artifice pour annoncer le démarrage des exportations.

Pourquoi ce silence ? Pourquoi ce décalage entre l’effervescence locale du CNRD et la discrétion totale des acteurs externes à l’international ? En fin de compte, que se passe-t-il vraiment ?

Nous sommes en droit de demander la transparence. Nous sommes en droit d’exiger des preuves concrètes. Nous sommes en droit d’interroger tout ce qui ressemble, de près ou de loin, à une mise en scène destinée à manipuler l’opinion.

Face au doute, l’investigation n’est pas un luxe, elle est une nécessité démocratique pour les journalistes Guinéens, qui respirent encore.

Anonymous 1er, l’autre citoyen indigné qui vient de se réveiller dans la presqu’île de Kaloum.

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