Contre La sansure

Sylla patronat au vote de la dictature : quand la fraternité se tait

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Honte ou trahison ? Où est l’honneur familial ?

L’image de la honte et du déshonneur. Bon Dieu, mon cœur saigne devant la vague d’une fraternité brisée. Triste, mais réel : Mamadou Sylla — « Sylla patronat », homme d’affaires et frère aîné de l’activiste Foniké Maingai fait campagne et vote pour le triomphe d’une dictature qui a enlevé son propre frère.
Comment soutenir le bourreau de celui qu’on porte dans son sang ? Si la famille désiste, que feront les autres ? Où est passée la dignité ? Où est passé l’honneur ?

Le lien de sang est sacré. Ceux qui le trahissent s’exposent à la colère des vivants et au mépris de l’histoire. On n’alimente pas la flamme qui consume la fraternité : on la combat, on l’éteint avec la dernière énergie. N’importe qui peut servir un pouvoir sanguinaire, mais pas le grand frère d’un homme enlevé.

Que dira la femme du kidnappé qui souffre ? Que retiendront ses enfants ? Quand la famille se transforme en refuge trahi, le monde perd ses repères et seul Dieu reste recours. À Lui donc nous confions notre camarade plongé dans ce marasme de trahison.

L’image reste, comme un caillou dans la gorge du temps : honte, déshonneur. Mon cœur s’ouvre en blessure, noyé dans la houle d’une fraternité qui se casse. Au bord de la honte, un frère choisit le silence du bourreau. Quelle étrange géographie du cœur : marcher aux côtés de celui qui tient nos chaînes.

La fraternité n’est pas un mot creux, c’est une obligation sacrée. Qui la foule aux pieds se condamne à errer dans la poubelle de la vie. On n’attise pas la braise qui consume l’âme : on l’étouffe. Pense à la femme qui compte chaque souffle, aux enfants qui cherchent une trace de dignité. Si la famille trahit, où se réfugieront les vivants ?

Quand tout succombe, il ne reste que le ciel et la prière pour un frère confiné dans l’obscurité.

Le grand frère qui applaudit le bourreau : scène grotesque, farce macabre de la décence. Si la famille donne sa voix au traître, qui d’autre résistera ?

L’honneur a des frontières ; en les franchissant, on se perd. Mettons un doigt d’honneur au sacro-saint de la fraternité trahie. Ceux qui marchandent leur sang pour un strapontin finiront dans l’oubli. La haine n’est pas un patriotisme, c’est une forfaiture. La femme qui pleure, les enfants qui veillent, la mémoire qui attend justice voilà ce que nous défendons, même si le grand frère choisit la déraison.

Par Siba Beavogui 

In. https://www.guineefutur.info/2025/09/22/sylla-patronat-au-vote-de-la-dictature-quand-la-fraternite-se-tait/

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