Contre La sansure

Togo : grâce présidentielle, une justice à deux vitesses

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Au Togo, plus de 1500 détenus ont été grâciés par le président. Des prisonniers politiques de premier plan restent néanmoins derrière les barreaux.

Au Togo, 1 511 détenus ont été libérés à la suite d’une grâce présidentielle au Togo. Une mesure saluée par plusieurs organisations, mais qui n’a pas concerné tous les prisonniers, notamment politiques.

Parmi ceux restés en détention figurent ainsi Kpatcha Gnassingbé, demi-frère du président Faure Gnassingbé, incarcéré depuis 17 ans, Marguerite Gnakadé, proche de la famille présidentielle, et Jean-Paul Olomou, une figure de l’opposition.

 « Je suis trop content, témoigne l’un des détenus libérés. J’ai fait 11 ans derrière les barreaux. Aujourd’hui, l’erreur que j’ai faite, on a compris. On reconnait nos erreurs. Ça ne peut plus nous arriver. »

Ce prisonnier qui ne dévoile pas son nom ne cache pas sa joie après sa libération. Et Solange n’a pas de mot pour exprimer l’émotion liée à la libération de son frère : « On ne peut que remercier Dieu qui nous accorde sa grâce et sa protection. Merci! »

Un signal positif, selon Amnesty International

Parmi les 1 511 détenus libérés, il y a des personnes purgeant de longues peines, des détenus âgés, incarcérés pour des délits mineurs, des personnes gravement malades, ainsi que certains prisonniers politiques.

Pour Amnesty International Togo, cette mesure constitue un signal positif. Son directeur, Aimé Addi, salue une décision attendue qui « s’inscrit dans le cadre du respect de plusieurs engagements du Togo dans le domaine des droits humains. Cette décision est aussi importante parce qu’elle prend en compte plusieurs personnes arrêtées pour avoir directement critiqué les autorités togolaises, soit par des publications, ou bien en participant à des manifestations hostiles aux autorités sur place ».

Moins de pression dans les prisons

Du côté de l’administration pénitentiaire, on parle d’un allègement de la pression carcérale. Pour Idrissou Akibou, directeur de l’administration pénitentiaire et de la réinsertion, cette libération marque un tournant.

« Nous sommes très heureux de constater cela, dit-il. C’est la première fois que ce nombre a été atteint. Cela montre la volonté des autres autorités, en diminuant de 1 511 sur un total de près de 8 000 prisonniers. Vous comprenez que l’ensemble des effectifs a largement diminué et non seulement cela avantage l’administration elle-même, mais cela avantage aussi les détenus, en vue d’avoir de meilleures conditions de détention ».

Appel à faire davantage

Mais pour Amnesty International, l’essentiel reste à faire. Aimé Addi appelle les autorités à aller au-delà d’un geste ponctuel :

« C’est l’occasion de demander aux autorités togolaises d’avoir une approche holistique sur la question de la surpopulation carcérale. 

Lire la suite… https://www.dw.com/fr/togo-prisonniers-gracies-par-le-president-gnassingbe-reactions/a-75402632

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