Toumba est enterré, le pouvoir s’est blanchi, et Maya Kaba demeure protégée.
Il faut un pays comme la Guinée pour assister à une telle ignominie. Une unité d’élite, lourdement armée, investit une maison carcérale pour enlever un détenu condamné pour crimes contre l’humanité. Et comme si cela ne suffisait pas, un procureur tente de justifier l’injustifiable, évoquant une prétendue « opération de fouille » à laquelle Toumba Diakité aurait refusé de se soumettre. Quelle absurdité.
Le communiqué, manifestement cousu de fil blanc et signé par Falou Doumbouya, n’a en rien dissipé les doutes. Il a plutôt ravivé l’image d’une justice en rupture totale avec les principes de droit, dans une République où l’arbitraire tient désormais lieu de norme.
Dans ce climat troublant, Maya Kaba surnommée « Maya la Solution », connue pour ses prises de position outrancières et impudiques sur les réseaux sociaux et proche du pouvoir de Mamadi Doumbouya, a contredit la version officielle. Selon elle, Toumba Diakité aurait été transféré de la maison centrale de Conakry à Coyah pour avoir exprimé des ambitions politiques.
Elle affirme notamment : « Toumba est un ingrat et un aigri. Il a appelé le président pour lui demander de lui céder le pouvoir pendant sept ans avant de le lui restituer. C’est pour cela qu’il a été remballé à Coyah. »
Des propos graves, qui tranchent avec la version judiciaire et renforcent le trouble autour des circonstances réelles de ce transfert.
Par ailleurs, Maya Kaba, autrefois connue pour la vente de produits traditionnels, bénéficie aujourd’hui d’avantages considérables : résidence de luxe, véhicules haut de gamme, sécurité rapprochée, financés par des ressources publiques, en contrepartie d’un rôle de soutien virulent au pouvoir.
Après son transfert à Coyah, quelques temps après, Toumba Diakité est porté disparu. Ce n’est qu’après plus de 24 heures d’indignation publique qu’un communiqué évoque un « malaise » et son évacuation vers l’hôpital du Camp Samory. Moins de trente minutes après son admission, son corps est transféré à la morgue d’Ignace Deen.
Sans enquête ni autopsie rendue publique, sa dépouille est rapidement remise à sa famille et inhumée dans son Wassolon natal. Il rejoint ainsi le général Sadiba Koulibaly, lui aussi décédé dans des circonstances troubles et jamais élucidées.
Toumba Diakité repose désormais en paix. Mais ses bourreaux, eux, continuent de circuler librement en attendant la hantise. Pendant ce temps, Maya Kaba conserve son influence et ses privilèges, poursuivant ses attaques publiques sans être inquiétée.
Comme si, dans la République de Mamadi Doumbouya, une figure s’était imposée au-dessus de toute limite : Maya Kaba, libre d’invectiver à sa guise, sans crainte ni conséquence.
