Le président américain Donald Trump s’est immiscé dans le jour du vote au Canada lundi, en évoquant pour une énième fois la disparition du Canada en tant que nation, et en appelant les Canadiens à voter… pour lui.

Nicolas Bérubé

NICOLAS BÉRUBÉLa Presse

« Élisez l’homme qui a la force et la sagesse de réduire vos impôts de moitié, d’augmenter gratuitement votre puissance militaire au plus haut niveau mondial », a écrit Trump sur son réseau Truth Social lundi matin.

Le président a ajouté que le Canada pourrait devenir un 51État. « Regardez comme ce territoire serait magnifique. Libre accès, SANS FRONTIÈRE. QUE DES AVANTAGES, AUCUN INCONVÉNIENT. C’ÉTAIT DESTINÉ À ARRIVER ! »

CAPTURE D’ÉCRAN DU COMPTE TRUTH SOCIAL DE DONALD TRUMP

Il a également répété l’idée discréditée voulant que les États-Unis subventionnent le Canada en raison du déficit commercial entre les deux pays.

Aucun candidat au Canada n’a évoqué l’annexion du Canada durant la campagne. Cette idée est d’ailleurs rejetée par une forte majorité de Canadiens.

Lundi, le chef conservateur Pierre Poilievre a critiqué le geste de Donald Trump.

« Président Trump, ne vous mêlez pas de nos élections. Les seules personnes qui décideront de l’avenir du Canada sont les Canadiens qui se rendront aux urnes. Le Canada sera toujours fier, souverain et indépendant et nous ne serons JAMAIS le 51État. Aujourd’hui, les Canadiens peuvent voter pour le changement afin que nous puissions renforcer notre pays, nous tenir debout et affronter l’Amérique en position de force », a-t-il écrit sur X.

Vision politique

Narguer le Canada le jour du vote est-il une façon pour Donald Trump d’attirer l’attention sur lui ?

Michael LaBossiere, philosophe et auteur qui enseigne les théories de la connaissance à l’Université A & M de Floride, à Tallahassee, note que Donald Trump a réussi à devenir président à deux reprises, en plus d’éviter les conséquences de ses actes après avoir été reconnu coupable en cour criminelle.

« Il est donc tentant de penser qu’il y a une méthode ou une stratégie derrière tout cela, ne serait-ce qu’une question de suivre son instinct, dit-il. Trump pourrait croire qu’il incite les Canadiens à rejoindre les États-Unis tout en établissant un grief pour avoir agi contre le Canada (sa fausse affirmation selon laquelle les États-Unis subventionnent le Canada à hauteur de milliards de dollars). »

Si certains pensent qu’il est tout simplement fou de parler de s’emparer du Canada et du Groenland, cela correspond à sa vision politique et économique de l’expansion des États-Unis, et à son désir de laisser un héritage durable en tant que grand président, note M. LaBossiere.

« Et, s’emparer de choses, c’est ce que nous, les Américains, faisons », dit-il.

La sortie de Trump survient alors qu’il avait été relativement discret durant l’élection, laissant de côté la rhétorique sur l’annexion depuis plusieurs semaines.

Le secrétaire d’État Marco Rubio avait déclaré dimanche que l’administration américaine travaillerait avec les nouveaux dirigeants du Canada.

Il a déclaré qu’il existait des domaines de coopération, mais que M. Trump n’était pas satisfait des échanges commerciaux.

Source: Lapresse.ca