Une militante antiraciste de premier plan en Tunisie condamnée à huit ans de prison
Un tribunal tunisien a condamné la militante des droits humains Saadia Mosbah à huit ans de prison et à une amende de 26 000 livres sterling (35 000 dollars).
Mme Mosbah, qui dirige le groupe antiraciste Mnèmty, avait été inculpée de blanchiment d’argent et d’enrichissement illicite et avait été arrêtée en mai 2024.
Cette femme de 66 ans est depuis longtemps une ardente défenseuse des migrants subsahariens en Tunisie, en particulier depuis le discours prononcé en 2023 par le président Kais Saied, qui avait qualifié les « hordes de migrants illégaux » de menace démographique.
Depuis que le président Saied a dissous le parlement en 2021, les figures de l’opposition et les organisations de défense des droits humains ont mis en garde contre une érosion constante des droits et des libertés dans ce pays d’Afrique du Nord.
« Ce verdict est un véritable choc, et il s’inscrit dans une campagne plus large visant à démanteler les organisations de la société civile et à leur faire porter la responsabilité de l’incapacité de l’État à régler la question des migrants », a déclaré à Reuters l’avocate de Mosbah, Hela Ben Salem.
Jean Otalor

