Violentée par les forces de sécurité, la famille d’un activiste politique menacée à Conakry
Alors que les opposants de la junte militaire comptent défier les autorités militaires, Conakry a connu d’importantes manifestations politiques, menées principalement par les Forces Vives de Guinée (FVG), constitués des principales formations politiques dont l’UFDG de Cellou Dalein Diallo, le RPG d’Alpha Condé et le Front National pour la défense de la Constitution(FNDC), une plate forme de la Société civile guinéenne.
Ces mouvements de protestation visent à dénoncer la gestion unilatérale de la transition par la junte militaire, dirigée par le Général Mamadi Doumbouya ; la restriction des libertés publiques et exiger un retour rapide à l’ordre constitutionnel.
Ce 4 février 2023, des affrontements violents entre forces de l’ordre et manifestants ont été signalés dans plusieurs endroits de la capitale Conakry et certaines villes de la Guinée.
Au lendemain de ces manifestations violentes soldées par la mort d’au moins 7 personnes, selon un bilan provisoire, la famille d’un éleveur a été attaquée à Hamdallaye dans la Commune de Ratoma, suivi de l’abattement des dizaines de leurs vaches à Kindia et Coyah.
Alors que moment l’opposition n’avait pas fini de faire le décompte du nombre des victimes de la répression policière, des hommes armés ont investi nuitamment le domicile familial du jeune activiste politique Mohamed Bailo BAH.
Selon des témoins contactés par notre rédaction, des agents de la gendarmerie nationale et des hommes vêtus en uniformes de l’armée, cagoulés, ont nuitamment attaqué la concession familiale avant de procéder à des arrestations.
Et pour cause, rapporte notre interlocuteur, l’éleveur serait le père du jeune activiste politique Mohamed Bailo Bah, qui reste pour l’instant introuvable.
Interrogé par nos confères de Guineematin.com, Thierno Bella Bah, l’éleveur déplore l’abattement de ses bœufs par des hommes armés pour des raisons politiques.
« Cette situation très inquiétante pour moi. Moi, je suppose que je suis chez moi, en Guinée, où j’ai le droit d’être protégé par les autorités. Je suis éleveur de bœufs, de moutons et de chèvres, mais aussi je suis agriculteur. Je pense qu’une personne qui est dans une telle situation devrait être beaucoup aidée par l’État pour l’encourager. Mais si ce genre de pratiques continuent dans notre pays pour des raisons politiques, je crains que chacun ne se rende justice, ce qui n’est pas bon dans un Etat de droit. » déplore-t-il. Avant d’ajouter : « Tous ces agissements contre ma famille c’est à cause de l’engagement politique de mon fils. Mais c’est son choix. Pourquoi nous faire payer son engagement politique? » s’interroge M. Bah.
Interrogé par des journalistes, le colonel Balla Samoura, a indiqué que la situation est restée sous contrôle, sans fournir de bilan. « On vient de constater qu’effectivement les organisateurs de cette marche interdite n’ont pas respecté les injonctions du parquet général, ce constat on le fait désormais ensemble qu’il est effectif. Ce que je peux dire pour l’instant c’est que les forces de l’ordre tiennent les lieux et la situation est effectivement sous contrôle », a déclaré le Haut Commandant de la gendarmerie nationale.
Quelques heures après ces incidents, la situation a pris une tournure inquiétante le jeune activiste a été de nouveau la cible des hommes au lendemain d’une manifestation du Front National pour la Défense de la Constitution.
Aux dires de sa famille, Mohamed Bailo Bah reste introuvable, 48 heures
Après la manifestation ses acteurs de la Société civile qui dénoncent la gestion unilatérale de la transition et qui exigent le retour rapide de l’ordre Constitutionnel.
Joint au téléphone par notre rédaction, son grand frère Alpha Oumar Bah se dit inquiet et interpelle les autorités : « Nous sommes vraiment inquiets. Mon petit frère a été violenté et arrêté par des hommes armés lors de la manifestation. Depuis le jour de la manifestation, nous n’avons pas de nouvelle de lui. Selon des témoins, il avait été arrêté et violenté ce jour là par des gendarmes avant d’être conduit à une destination inconnue. Cette situation nous inquiète beaucoup parce que son seul tort est de répondre à l’appel de la manifestation du FNDC. Nous lançons un appel aux autorités militaires et aux défenseurs des droits de l’homme afin qu’on puisse retrouver notre frère sain et sauf. », a-t-il lancé.
Au moment où nous mettions cette dépêche en ligne, le jeune activiste reste introuvable.
Affaire à suivre……
Aissatou Bella Diallo
