Contre La sansure

« Vous connaissez les discriminations qui existent dans notre pays. Ce n’est même pas décent d’en parler… »

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Hier, au Bronx (NY), Cellou Dalein Diallo, président de l’UFDG a indiqué qu’il a « été profondément ému, j’ai pensé à leurs parents, à leurs mères, à leurs pères. Certains de leurs parents ont tout vendu pour trouver les 10 à 15 000 dollars pour les aider à partir. Et pourtant ils aiment leur pays, ils aiment leurs parents, ils auraient voulu être à côté pour les aider. Mais ils sont dépourvus de moyens, ils ne travaillent pas, il n’y a pas de perspective. »

Informant qu’il a « rencontré ce matin près de 1000 personnes. Elles étaient venues pour avoir une photo avec leur président bien aimé. Mais j’étais ému, je leur ai posé des questions : comment vous êtes arrivés ici (aux Etats-Unis) ? 98% m’ont dit que c’est par le Nicaragua.  Et pour certains, ils sont persécutés parce qu’ils sont de l’UFDG ou parfois parce que seulement ils appartiennent à une ethnie… », le président de l’UFDG et de l’ANAD a souligné qu’il « y a des vérités maintenant qu’on ne peut pas taire, parce qu’il faut les dénoncer… Vous connaissez les discriminations qui existent dans notre pays. Ce n’est même pas décent d’en parler. Parce que ce sont des discriminations de nature ethnique et politique. »

Ajoutant: “Aujourd’hui l’égalité des droits et de chance est bafouée, les engagements pris et les serments prêtés sont trahis par la junte [militaire du CNRD]. Vous le savez, nous avions applaudi l’arrivée de la junte qu’on leur a cru sur parole. Ils ont dit qu’ils sont venus pour mettre fin à l’instrumentalisation de la justice, au piétinement des droits et libertés des citoyens…« , Cellou Dalein Diallo rappelle qu’ils « ont promis d’organiser des élections libres et transparentes et de remettre très rapidement le pouvoir à celui que le peuple a choisi. Nous avons applaudi. Et personnellement, votre président, partout où sa voix porte, est allé défendre cette junte pour demander qu’elle soit accompagnée…  »

Et il interroge: « Aujourd’hui nous sommes devant quelle situation ? Foniké Menguè et Billo Bah, on ne sait pas où ils sont. Tout ce qu’on sait, c’est que la gendarmerie et les forces spéciales sont venues les arrêter à 22 heures. Mais le gouvernement dit qu’il n’est pas au courant, la justice dit qu’elle n’est pas au courant… Aujourd’hui ils sont portés disparus, personne ne sait s’ils sont en vie ou pas.

Les responsables du FNDC disparus : Mamadou Billo Bah et Oumar Sylla, alias Foniké Manguè.

 

Poursuivant, le leader politique incontestable de la scène sociopolitique guinéenne estime que « tout ce qu’ils ont promis, ils n’ont rien respecté. Et le comble, ils nous présentent un avant-projet de constitution où on refuse d’intégrer les dispositions interdisant la candidature des membres du CNRD, du CNT et du gouvernement… Aujourd’hui on dit que c’est le ministère de l’administration du territoire et les préfets qui organisent les élections. Ils ont pris le contrôle des collectivités, parce qu’ils ont mis des délégations spéciales ; ils ont décidé que les conseils des quartiers et des districts vont être nommés par les gouverneurs. Si le patron de la junte est candidat, en violation de son serment, de la charte et de tous les engagements qu’il a pris publiquement, est-ce qu’il y aura élection ? Non, c’est pour sacrifier la démocratie… C’est une trahison.

Pour un analyste politique, « Cellou Dalein Diallo, les forces vives, etc. mettent trop l’accent sur cette affaire de respect des engagements… ils négligent de faire des propositions concrètes pour l’après 31 décembre prochain, dans à peine quatre (4) mois. Il faut rappeler à la Cedeao, à l’Union africaine, à l’Union européenne, aux Nations-Unies, particulièrement à la France, à l’Allemagne, à la Chine, aux Etats-Unis, etc., que le CNRD, du fait qu’il a refusé de respecter le chronogramme et surtout l’engagement d’organiser les élections, pour un retour à l’ordre constitutionnel, ne sera plus légal. Ils ont déjà perdu la légitimité populaire. Donc, il faudrait que dès à présent on discute du remplacement de toutes institutions, que le CNRD soit supprimé et se transforme en parti politique. Qu’il y ait un nouveau président ou présidente de la transition, un gouvernement, de nouveaux gouverneurs, préfets, sous-préfets, désignés consensuellement. Ils vont organiser les élections inclusives. »

Mamadou Alpha BAH                                                                                       collaboration B. O. MAHMOUD

 

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