Contre La sansure

« Cellou Dalein Diallo devrait savoir pour quelles raisons il est convoqué par la CRIEF avant de s’y présenter ».

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Pour de nombreux analystes, « les avocats de Dalein devraient demander l’objet de la convocation de leur client devant la CRIEF. Faute de quoi, Cellou Dalein Diallo ne devrait se présenter devant ce tribunal téléguidé par le CNRD, conseillé par ses adversaires forts en ethnostratégie et en complot pour éliminer les plus forts. Tout le monde sait que si des élections transparentes et inclusives sont organisées, Cellou Dalein Diallo et ses alliés en seront les vainqueurs, peut-être même dès le premier tour« .

Le leader de l’UFDG savait-il qu’il allait recevoir une convocation de la CRIEF lorsqu’il s’est rendu dans la capitale gambienne où il a tenu un discours qui a énervé les stratèges des nouvelles autorités guinéennes ? Ou alors est-ce discours qui a convaincu celles-ci d’ordonner à la CRIEF de faire convoquer Cellou Dalein Diallo ? Dans l’un ou l’autre des cas, la rencontre de Banjul (capitale de la Gambie) a été saluée dans de nombreux milieux sociopolitiques guinéens, qui se demandent comment et quand les manifestations prévues, et pour lesquelles le gouvernement invite les populations à ne pas prendre pour ne pas se faire tuer.

Occasion qui a été saisie par les avocats du FNDC pour faire un signalement de possibles tueries que commettront les forces militaires et paramilitaires, sur instructions des nouvelles autorités, qui refusent la main tendue des forces vives pour la mise en place d’un cadre de dialogue permanent et la nomination d’un médiateur international. Sur ce sujet, Cellou Dalein Diallo a expliqué à ses militants qu’aujourd’hui, « il y a des divergences. Nous avons demandé qu’il y ait un dialogue. Nous avons demandé d’accepter que la CEDEAO désigne un facilitateur, mais vous savez les Guinéens ne se font pas confiance« .

Il a indiqué qu’il y a « une crise de confiance profonde. S’il n’y a personne à nos côtés pour nous aider, qui rappelle ce qui a marché ailleurs et nous demande d’accepter ça. Il n’y a pas de confiance entre nous mais nous voulons que ça marche et qu’on s’entende mais pour cela, il faut qu’on ait un facilitateur parce que la crise de confiance est profonde, malheureusement. Mais, ce n’est pas moi qui l’ai créé. Même lorsqu’on avait des dialogues avec Alpha, c’est grâce aux partenaires techniques et financiers qu’on trouvait des consensus même s’il ne respectait pas les engagements. Mais très souvent, ils ont pu rapprocher les puzzles (…), il ne s’agit pas d’inventer la roue« .

Je ne suis pas supérieur à tous ces gens-là

Revenant sur la destruction de sa maison, Cellou Dalein Diallo a rappelé qu’avant lui, « d’autres ont perdu la vie. On a démoli des maisons qui sont des propriétés pleines à des citoyens. On a décimé du bétail. On a emprisonné, on a chassé. Je ne suis pas supérieur à tous ces gens-là. Certains, leurs vies ont été abrégées, leurs maisons ont été détruites, leurs bétails ont été décimés parce qu’ils étaient avec Cellou Dalein. Si on m’enlève ma maison, je dis que c’est terminé, je ne me bats plus. Et les autres qui ont perdu la vie ? La vie est plus chère ».

Le président de l’UFDG et de l’ANAD (son mandat finira bientôt) a souligné que qu’il y a « des gens qui ont perdu des enfants et qui continuent de lutter parce qu’ils savent qu’ils luttent pour le pays, pour le droit, pour la liberté, pour la démocratie, pour l’égalité des citoyens. Si moi, parce qu’on m’a enlevé 2 200 m², si je dis que je suis fatigué, c’est que je ne suis pas digne de votre confiance. Et c’est pourquoi, je vais vous dire, il faut que vous soyez mobilisés. Il faut qu’on soit prêt à continuer le combat. On a fait beaucoup de sacrifices, parfois beaucoup de concessions. Oui, c’est parfois nécessaire. Mais il faut qu’on continue. Il faut que la Guinée sorte de la dictature« .

Pour un responsable de l’UFDG, « nous ne voulons pas qualifier ce dossier d’affaire politico politicienne. Mais elle en a tout l’air. Ce gouvernement vient d’échouer dans sa campagne à travers le pays pour se faire un terrain politique, alors que le peuple a faim et le pays risque gros avec les menaces de sanctions de la CEDEAO. Souhaitons que l’une des sanctions soit l’interdiction de voyages des membres du CNRD, du gouvernement et du CNT en Union Européenne, en Amérique du Nord et en Afrique. Si cela est fait, rapidement ils vont accepter le dialogue permanent et la nomination du Médiateur, pour permettre l’adoption d’un chronogramme raisonnable qui, s’il n’est appliqué, devrait entraîner automatiquement la destitution du gouvernement et du CNT ».

 

Mamadou Alpha BAH (Collaboration I. S. BALDÉ)

 

 

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