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« Je plaide pour faire barrage à ces ombres malfaisantes qui dansent autour du Colonel » (Me A. BARRY)

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Rien qu’une observation qui pourra surprendre la classe politique.

Mon seul engagement reste et demeure le combat du plus jamais ça des victimes du Camp Boiro.

Lasse de ce perpétuel recommencement qui condamne à une double, triple peine, peine infinie ; je pose cette fatale question : et si la partie saine de nos forces armées avait raison ?

Considérant que la Guinée est devenue un immense gruyère dans lequel ce peuple ne cesse de trébucher, parce que guidé par des civils forts de leur quotient intellectuel au nom duquel ils s’adjugent la qualité et le droit de commander et gouverner ce pays, je crois qu’il est venu le temps de marquer un arrêt, après bientôt soixante-quatre ans d’indépendance inscrits au compteur de la fille aînée des indépendances et c’est une honte pour les élites tous profils confondus ; comparer à ce qui se passe chez nos voisins Ivoiriens et Sénégalais pour ne citer que ces deux pays.

Je ne suis pas sûre d’ailleurs que mon père Diawadou Barry soit d’accord avec moi ; lui qui disait quand il était Ambassadeur au Caire, à l’occasion d’un énième coup d’Etat survenu en Syrie dont le régime ne s’est stabilisé qu’à l’avènement de Hafez el Assad : « ce n’est pas leur job, un coup d’Etat en appelle toujours un autre … c’est la forme la plus détestable pour parvenir au pouvoir (Cf Tourbillon 1- la dérive autoritaire édition l’Harmattan).

Hélas ! ironie du sort, c’est le supposé complot des militaires qui l’emportera en mille neuf cent soixante-neuf (complot Kaman-Fodéba). Aujourd’hui, vu le comportement des civils à la tête de notre Etat dans sa gouvernance, je suis convaincue que le républicain patriote et même le nationaliste qu’il était, aurait changé d’avis.

Pourquoi faudrait-il que l’armée intervienne toujours pour stopper les dégâts commis par les civils ?

Une armée qui obéit au commandement de l’autorité légitime, elle-même soumise à l’ordre de la loi que des civils aux commandes s’autorisent à violer face à un peuple impuissant et démuni.

Une remise en question des cadres que nous sommes s’impose.

Kagamé du Rwanda malgré un impitoyable génocide qui a ciblé sa propre ethnie ; Jerry Rawlings du Ghana, sont des exemples.

Il y a des actes hardis qui ne peuvent être posés que par des militaires qui ne s’embarrassent pas de politique ni d’électorat, véritable obstacle qui handicape les civils que nous sommes dans la recherche frénétique du pouvoir.

Toujours nous, civils, on est prompt à faire la danse du ventre autour de tout nouveau pouvoir ; surtout lorsqu’il ne nous connait pas, n’appartenant pas au même corps.

Faisons le compte,

1- qui a initié la macabre pratique des charniers et la sinistre notion de disparus, quand on sait que même dans le cadre d’une exécution (Saddam Hussein-Kadafi) les corps ont été restitués pour qu’ils rejoignent leur dernière demeure : un civil, Sékou Touré.

Aux aurores de l’indépendance, alors que la Guinée aurait dû rester fière de son armée qui aura combattu sur les fronts pour libérer des peuples du joug colonial (Algérie et Pays lusophones), ce civil aux commandes du pays avait éliminé l’essentiel de la crème de ces vaillants soldats.

Les plus chanceux qui avaient échappé à la purge furent ravalés au rang de pouilleux au bénéfice de sa redoutable milice populaire.

2- qui a fait un coup d’Etat constitutionnel, se fondant sur le fait « qu’ailleurs, il y a eu beaucoup de morts, mais la constitution était quand même passée… ».

A sa prise du pouvoir, Alpha Condé avait dit « qu’il prendra la Guinée là où Sékou Touré l’avait laissée ».

Après que les forces vives se soient battues pour échouer dans un carnage inédit au stade du 28 septembre : encore un civil, Alpha Condé (Cf. celle qui murmurait aux oreilles d’un coq et la table renversée n°2 en édition). Alpha Condé qui ne fait jamais rien au hasard avait dit « qu’il prendra la Guinée là où Sékou Touré l’avait laissée ». Il avait conscience qu’ils auront été, pour le moment les deux civils à avoir géré la Guinée.

On a vu passer le CMRN, le CNDD et maintenant le CRND qui est d’actualité.

Ne dit-on pas « jamais deux sans trois » ?

Gageons que ce soit le dernier passage de nos forces armées, autrement on finira par épuiser toutes les anagrammes.

Au colonel Doumbouya de faire sien l’exemple de Rawlings qu’il dit être son idole et surtout qu’il ne succombe pas aux délices du pouvoir ni aux sirènes maléfiques de son entourage ; car il y en a beaucoup hélas !

Je sais que la juriste que je suis, va à « rebrousse-poil » du juridiquement correct. Faire l’apologie d’un coup d’Etat militaire, alors que je fus aussi bercée dans la mélodie du grand Montesquieu comme littéraire, « ressemble à du grand n’importe quoi » n’est-ce pas ?

Pourtant, je veux juste être cohérente en restant en harmonie avec une réalité crue : applaudir des forces armées libératrices par trois fois :

*la liesse populaire qui avait embrasé la majorité des Guinéens le trois avril mille neuf cent quatre-vingt-quatre ;

*l’euphorie populaire à l’avènement du CNDD ;

*l’hystérie populaire en une grande déferlante le cinq septembre deux mille vingt-et-un, suivi de la liesse enregistrée lors de la commémoration de la fête de l’indépendance ; le soufflet du bonheur pour la liberté recouvrée n’était toujours pas retombé.

Puis les conspuer dans un temps limité ; entre les deux parce que c’est devenu une fatalité, je choisis de leur consentir encore une fois ce gage de confiance, même s’ils m’ont blessée comme victime du Camp Boiro.

Le privilège de l’âge me permet de mettre en parenthèse pour le moment cet énième coup de couteau pour avoir vécu presque toute une vie dans une dictature.

Il faudrait que ça soit la troisième et dernière transition. Toujours pas cicatrisée, l’écriture (six ouvrages à mon actif édition l’Harmattan m’a installée dans une résilience qui n’est pas synonyme pour moi de résignation. A leur décharge je me dis que « l’enfer est pavé de bonnes intentions… ».

Le privilège de l’âge me permet de dénoncer ceux de mon âge qui connaissent parfaitement la vérité et qui égarent malhonnêtement cette junte, suffisamment jeune (la quarantaine tout au moins), pour lui raconter une toute autre histoire.

Le pouvoir isole, mon colonel.

Les fameuses ombres chinoises que j’ai toujours dénoncées dans mes livres, parce qu’elles dansent autour de vous jusqu’à vous pousser dans le précipice de la faute en vous isolant de vos partenaires politiques qui ont pour eux l’âge et l’expérience pour avoir souvent mordu la poussière et pourtant, ce sont vos partenaires qui ont intérêt à vous tenir la main. La verte jeunesse encore plus corrompue que les vieux, n’a pas montré le bon exemple. Je le concède.

Les fameuses ombres chinoises que j’ai toujours dénoncées dans mes livres, parce qu’elles dansent autour de vous jusqu’à vous pousser dans le précipice de la faute en vous isolant de vos partenaires politiques qui ont pour eux l’âge et l’expérience.

Nous ne pouvons pas institutionnaliser la corruption, gangrène de nos institutions qui doivent être plus fortes que ceux qui les animent. Le Liban pays du cèdre, la Suisse du Moyen orient est un exemple.

Le risque le plus grand est celui de voir se fixer dans la dureté un régime militaire ; même si deux civils, quoique civils ont réussi à militariser tout le pays en le politisant. Faudrait-il un sas pour tamiser ces civils ; car de bons civils patriotes, il en existe certainement.

Quand l’intérêt de la Guinée est en jeu, la neutralité, synonyme d’indifférence est à bannir. C’est donc un cri citoyen que je lance. Ce bras de fer qui engendre un croisement d’égos doit cesser. Il appartient au Colonel Président de prendre de la hauteur en bon père de famille pour ne pas tomber dans le piège de certains flibustiers tapis dans l’ombre de la trahison qui tirent quelques balles assassines à l’occasion d’éventuelles marches légitimes ; de quoi assombrir la transition « l’enfer est toujours pavé de bonnes intentions … ».

Oui, je reste reconnaissante envers la partie saine de nos forces armées qui m’a libérée, moi la sœur de Alpha Condé, « sa folle du village » comme il m’appelait affectueusement ; moi qui dois à Alpha mon orientation en droit en mille neuf cent soixante-huit pour devenir le Notaire que je suis depuis mille neuf cent quatre-vingt-six de retour d’exil en mille neuf cent quatre-vingt-cinq.

Le fou c’est celui qui dit la vérité en tout état de cause, ce qui a inspiré « celle qui murmurait aux oreilles d’un coq et la table renversée numéro 2 en cours d’édition.

Aujourd’hui mon vieux grand-frère d’ex-président pense certainement à moi, sa folle du village qui aura tout fait en lui disant : « tu as trop de glaise aux semelles avec des galons de féanfiste … sois le père de la transmission républicaine du pouvoir si Sékou Touré est le père de l’indépendance ; Conté le père de la démocratie ; sois le père de l’alternance… » Cf Journal La Lance.

Le notariat étant le baromètre des affaires est inquiet.

Les investisseurs ont toujours peur des bottes militaires synonymes de violence et de non droit.

Comme doyenne du notariat, je plaide pour faire barrage à ces ombres malfaisantes qui dansent autour du Colonel pour barricader sa porte à ses partenaires politiques. Ils engrangent une majorité significative des Guinéens.

Le Colonel doit les écouter aussi. C’est mon humble avis.

Maître Aminata BARRY

Notaire

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