ELECTIONS GENERALES 2027 AU NIGERIA : L’opposition relèvera-t-elle le défi de l’union ?
Quatorze ! C’est le nombre de partis politiques de l’opposition nigériane qui ont décidé de faire leur, l’adage bien connu selon lequel « l’union fait la force ». Et ce, dans l’optique des élections générales de janvier 2027 qui se profilent à l’horizon. L’objectif est de faire contre-poids au parti au pouvoir, le Congrès des progressistes (APC), plus que jamais engagé derrière le président Bola Ahmed Tinubu, son candidat désigné pour la présidentielle de 2027.
Et ce, dans un contexte où la majorité présidentielle a connu, ces derniers mois, des ralliements et pas des moindres de gouverneurs, parlementaires et autres élus locaux venus grossir ses rangs, dans la perspective de ces élections générales qui déchaînent les passions et aiguisent les ambitions dans ce grand pays anglophone d’Afrique de l’Ouest.
Beaucoup de leaders politiques préfèrent souvent être tête de rat que queue de lion
C’est la principale raison de la rencontre du week-end dernier à Ibadan, où ces partis d’opposition ont évoqué la nécessité de fédérer leurs énergies, pour contrecarrer le parti au pouvoir qui rêve d’une victoire écrasante et sans coup férir, aux différents scrutins à venir. Pour cela, ils conviennent de présenter des candidatures uniques à tous les niveaux des élections générales, y compris à la présidentielle où le chef de l’Etat, en quête d’un second mandat, ne manque pas de soutiens. Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’opposition nigériane est dans son rôle, même si elle donne l’impression d’être plus dans la réaction que dans l’action. Car, tout porte à croire que c’est parce que la majorité présidentielle est en train de ratisser large et de resserrer ses rangs autour de son candidat, que l’opposition a senti la nécessité d’aller à cette alliance pour renforcer sa position face au pouvoir.
La question qui se pose est de savoir si elle relèvera le défi de cette union. La question est d’autant plus fondée que le péché mignon de bien des oppositions africaines, a souvent été leur incapacité à s’unir face aux grands rendez-vous électoraux, pour se donner les meilleures chances de bousculer le pouvoir en place à l’effet de provoquer le changement espéré. Et c’est peu dire que beaucoup de leaders politiques préfèrent souvent être tête de rat que queue de lion. C’est-à-dire qu’ils préfèrent être à la tête de formations politiques souvent peu représentatives dans l’espoir d’être peu ou prou portés à la lumière, que de se retrouver dans un grand ensemble solide où le choc des ambitions risque de leur porter préjudice.
Toujours est-il que quand ce ne sont pas les ego surdimensionnés de ces leaders, qui l’emportent souvent sur l’intérêt de l’ensemble, chacun se dit prêt à aller à ce genre d’alliances électorales dans le secret espoir que le choix du groupe sera porté sur sa personne. Et quand ce n’est pas le cas, ils sont nombreux à prendre leurs cliques et leurs claques pour aller voir ailleurs, dans un contexte où le parti au pouvoir ne reste jamais les bras croisés face aux tentatives de regroupement de l’opposition. Il met généralement tout en œuvre pour faire capoter le projet. Mais qui, du reste, est de bonne guerre.
On espère que l’opposition saura se donner les moyens de sa politique
Il appartient à l’opposition de se montrer vigilante. Quoi qu’il en soit, le constat est qu’entre les promesses d’union de politiciens souvent mus par des intérêts divergents et la réalité du terrain électoral, il y a souvent un fossé difficile à combler. Et c’est le défi qui se présente à l’opposition nigériane dont il faut saluer la noblesse de l’intention qui est de s’unir pour être plus forte, mais dont le combat est loin d’être gagné d’avance.
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