Le FRONDEG revient dans le processus électoral : ce qui a motivé ce choix
L’annonce a été faite ce lundi 11 mai 2026 au siège du parti, soit trois semaines après la décision de retrait officialisée le 28 avril dernier. Depuis cette sortie du processus électoral, de nombreuses interrogations demeuraient quant aux véritables motivations de ce revirement politique.
Ancien candidat à l’élection présidentielle du 28 décembre dernier, au cours de laquelle il était arrivé en deuxième position, Abdoulaye Yéro Baldé avait justifié le retrait de sa formation politique par des irrégularités présumées dans le processus électoral. Toutefois, au fil des jours, plusieurs évolutions politiques et judiciaires semblent avoir favorisé le retour du FRONDEG dans la compétition.
Le premier facteur concerne le rétablissement de certaines listes de candidatures du parti. À la suite du rejet de plusieurs dossiers par la Direction générale des élections (DGE), le FRONDEG et d’autres formations politiques avaient introduit des recours devant le tribunal de première instance de Mafanco. Dans sa décision, la juridiction a finalement rétabli plusieurs listes concernées, alors même que le parti avait déjà annoncé son retrait sans attendre l’issue des procédures judiciaires.
Deuxième élément ayant pesé dans ce retour : la position exprimée par la Cour suprême. Dans une réponse adressée à la DGE le 6 mai 2026, la haute juridiction a estimé que le retrait annoncé par le FRONDEG était sans effet sur les listes de candidatures déjà validées et publiées. La Cour considère qu’il s’agit avant tout d’une démarche politique relevant de la liberté d’action du parti, et non d’un acte entraînant automatiquement l’annulation des candidatures enregistrées.
À ces aspects juridiques se sont ajoutées des pressions politiques et internes. Ces dernières semaines, plusieurs responsables politiques, acteurs de la société civile et candidats engagés dans la compétition électorale ont publiquement plaidé pour le maintien du FRONDEG dans le processus.
Au-delà des appels externes, la question de la cohésion interne du parti semble également avoir joué un rôle important. Après l’annonce du retrait, la Direction générale des élections avait révélé que certains candidats investis par le FRONDEG avaient adressé des correspondances à l’institution afin d’exprimer leur volonté de poursuivre leur participation au scrutin, malgré la décision de la direction politique du parti. Une situation qui mettait en évidence des divergences internes autour de la stratégie adoptée par la formation politique.
Par ailleurs, ce retour du FRONDEG continue d’alimenter les critiques de certains observateurs de la scène politique guinéenne. Ces derniers accusent régulièrement Abdoulaye Yéro Baldé d’entretenir une posture ambiguë, en affichant à la fois un discours critique à l’égard du pouvoir tout en conservant, selon eux, une certaine proximité avec les autorités de la transition. Des accusations que l’intéressé n’a jamais officiellement reconnues.
Le retour du FRONDEG dans le processus électoral relance ainsi le débat autour de la participation des principales forces politiques aux élections du 31 mai, dans un contexte marqué par des interrogations persistantes sur la crédibilité, l’inclusivité et la transparence du scrutin.
Amadou Dioulde Diallo

https://www.guinee360.com/13/05/2026
