Contre La sansure

Des élus américains critiquent l’accord avec la RDC

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Par Jean-Claude Abalo 

Le partenariat conclu entre le gouvernement américain et la République démocratique du Congo sur les minerais critiques suscite des interrogations au Congrès.

Dans un courrier daté du 17 août 2026, ces 54 élus démocrates, parti opposé à Donald Trump, réclament des précisions sur les mécanismes de suivi mis en place : qui contrôlera l’application de l’accord entre les Etats-Unis et la RDC et selon quels critères? Parmi les signataires, la représentante Linda Sánchez.

Dans une réponse écrite à nos questions, elle qualifie la stratégie du président Trump, c’esdt à dire « échanger la paix contre les minerais« , de « corrompue et inhumaine« , et affirme qu’elle reproduit des pratiques d’exploitation ayant déjà porté préjudice à des pays partenaires.

Une première lettre, envoyée dès 2025, était déjà restée sans réponse. Un silence qui alimente aujourd’hui les inquiétudes des élus démocrates.

Un mineur congolais montre du coltan
Le sol de la République démocratique du Congo regorge de matières premières recherchées comme le cobalt, le coltan, le cuivre ou encore le lithium.Image : Goran Tomasevic/REUTERS

 

Le professeur Jean-Marc Kasereka, enseignant de droit constitutionnel à l’Université de Goma, juge que l’enjeu dépasse le simple cadre juridique. « C’est un phénomène politique. […] Je pense que les États-Unis profitent de cette situation que traverse la RDC, une situation de fragilité politique et institutionnelle« , assure-t-il.

Une lecture que ne partage pas l’UDPS. Au sein du parti du président Félix Tshisekedi, Christian Lumu Lukusa défend une logique de partenariat plutôt que de cession des ressources. « Il ne s’agit pas de donner nos richesses, mais plutôt de négocier des partenariats gagnant-gagnant« , affirme-t-il

Une politique néocolonialiste des Etats-Unis ?

Mais cette vision est loin de faire l’unanimité. Selon Florimond Muteba, président de l’Observatoire de la dépense publique, l’ODEP, le rapport de force reste profondément déséquilibré et « le néocolonialisme continue« .

Un constat que partage aussi l’analyste géopolitique Henri-Desire Nzouzi, qui pointe un risque supplémentaire : celui d’une RDC cantonnée à l’extraction.

« Les concessions préférentielles profitent toujours aux intérêts étrangers sans imposer la transformation locale. […] Cela réduit bien évidemment la RDC au rôle de simple fournisseur de matières premières. On le voit, nous sommes en réalité une variable d’ajustement« , remarque-t-il.

Reste donc une question centrale : qui contrôlera la richesse tirée des minerais congolais, et surtout, quelle part reviendra réellement aux Congolais ?

Jean-Claude Abalo                                                                                                Correspondant à New York aux Etats-Unis pour le programme francophone de la Deutsche Welle

Source: https://www.dw.com/fr/

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