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Du cadre de concertation et de dialogue ( Bangaly Belleti)

Le dialogue politique met en présence des groupes d’intérêts différents qui s’engagent à se prendre sur une question dont les enjeux sont mutuels, mais pas nécessairement communs.

Il suppose que des personnes de positions et de circonstances différentes, ayant tout aussi des points de vues différents sur un même problème en vue de se parler, de se comprendre et éventuellement rapprocher les positions.

Si le coup d’État du 05 septembre 2021 a été une joie indescriptible pour beaucoup, il a aussi été d’une grande tristesse pour certains. Ceci dit, que l’on soit de l’un ou de l’autre camp, ce renversement de pouvoir venait d’ouvrir une nouvelle page pour la Guinée.

Mais il convient d’insister à dire que cette nouvelle page est à écrire avec tous les fils et filles de la Guinée, afin de permettre la reconstruction de notre pays sur des nouvelles fondations plus solides.

La transition est en cela une étape cruciale parce qu’elle touche tous les domaines.

Aujourd’hui, le souhait le plus ardent des guinéens étant de voir la transition amorcée devenir une réussite, ne peut être rendu possible que par un processus serein et apaisé.

Parce que pour éluder les itérations des erreurs du passé, nous devons se donner la main et conjuguer un même verbe afin de consolider l’unité nationale. De ce fait, nous devons soutenir ensemble cette transition pour le meilleur, pour l’avenir dont il faudrait construire.

Face aux impératifs de créer un État viable, de liquider les bases tribales, le régionalisme au profit d’une nation forte et prospère avec un peuple uni, conscient et solidairement organisé, ni le CNRD ni le gouvernement ne doit pas être opposé aux forces vives de la nation. Ils doivent rapprocher les acteurs politiques et sociaux afin d’éviter les querelles byzantines.

La solidarité du peuple doit être une solidarité vivante. Nous ne devons pas laisser enserrer dans le carcan politique de division, d’une politique des blocs antagonistes pour placer résolument du côté des seuls intérêts de l’ensemble du peuple dont l’aspiration au mieux être, à la sécurité et à la justice constitue la force motrice du progrès social de notre belle Guinée.

Peut-on parler d’une transition apaisée et réussie sans la paix ? Je ne crois pas !

Les guinéens se doivent donc de se donner la main – une fois de plus – pour sortir de cette épreuve aussi déterminante.
En réalité, sans exagération aucune, la paix est à un pays, à une nation, est ce que la santé représente pour le corps humain. Sans paix, aucune activité économique, politique et sociale ne serait possible. Elle est et demeure le socle de tout développement. C’est pourquoi la paix est à rechercher et à consolider à tout prix.

Pour autant que la paix soit si précieuse, seule la justice est son chemin. C’est dire qu’il ne saurait y avoir de paix sans justice, sans sécurité, sans le respect des libertés et des droits fondamentaux des citoyens. C’est ainsi que nous devons continuer à bâtir pierre après pierre un véritable d’État de droit qui soit le fondement et le gage d’une bonne gouvernance.

Cependant, de toutes ces forces du progrès dont il faut accompagner, force est de constater aujourd’hui que la classe politique et celle de la société civile ne partagent plus les mêmes idées par rapport au chemin emprunter par les autorités de la transition.
On pourrait à cela faire autant de théories, mais il revient aux autorités de la transition de trouver les mécanismes utiles qui prennent en compte chaque point de vue, aussi contradictoire qu’il puisse paraître.

Renouer avec les mœurs démocratiques, c’est accepter le fondement du débat, de la contradiction, de la confrontation des idées.

Nous interpellons à cet effet le CNRD et le gouvernement de transition à prendre des mesures idoines qui puissent ramener tout le monde au tour de la table, au motif de discuter sur le chronogramme de la transition qui semble être de loin même si ce n’est pas le seul l’un des points de discorde les plus farouches.

Forte affluence a la cérémonie d’ouverture du Cadre de dialogue.

 

Pour mieux résoudre nos contradictions, le CNRD et le gouvernement doivent se servir de tous les moyens – efficaces – pour orienter, conduire et faire aboutir chacune des activités déjà énoncées pour la transition, en des solutions adéquates. Résoudre nos contradictions, c’est aussi vouloir rendre toujours supérieur le présent au passé et l’avenir au présent. C’est dans cet élan que ces entités ( CNRD et gouvernement ) doivent se donner les moyens de rapprocher les positions, d’autant plus – comme nous l’avions déjà susmentionné – les contradictions sont inhérentes et indispensables à la vie politique.

Mais, autant qu’il faut appeler les autorités de Conakry à plus de « diplomatie », il faut rappeler aux acteurs politiques et aux acteurs sociaux, la nécessité du débat objectif, pour éviter – comme ils ont plutôt tendance à le faire – les revendications et contradictoires catégoriques et systématiques. Le bras de fer et l’entêtement ne nous mèneront nulle part.

Pour terminer, comme disait Michel Colas, « En politique, c’est comme la voile. Vouloir aller uniquement dans le sens du vent mène rarement à bon port, mais souvent à l’échouement. » Méditons avant de poser des actes.

 

Bangaly BELLETI.

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