Contre La sansure

El-Hadj Seyni Facinet Sylla, v-p du CNT, a raison, mais…

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Comme il a souligné au PM Mohamed l’importance « de veiller scrupuleusement à la représentativité des acteurs au dialogue« , en expliquant qu’il « y va de son efficacité et sa crédibilité« , El-Hadj Sény Facinet Sylla, 2ème Vice-Président du CNT, fait bien d’identifier la classe politique aux causes du retard de la Guinée.

Dans une tribune largement diffusée par les médias en ligne, dont guinafnews.org (*), le 2 ème vice-président du CNT estime que « le retard de la Guinée s’explique en grande partie par le bas niveau de sa classe politique et de sa société civile. Nombreux parmi eux accusent un faible niveau de compréhension et d’analyse de l’environnement sociopolitique national. C’est regrettable« .

Nécessité d’un tamisage rigoureux de représentativité

Partant de « la session d’ouverture du cadre de dialogue inclusif » de lundi dernier 27 juin, El-Hadj Sény Facinet Sylla a trouvé que la rencontre « a donné lieu à un spectacle lamentable, révélateur du mal profond que la Guinée éprouve de ses organisations politique et sociale. Il importe de soumettre celles-ci à un tamisage rigoureux de représentativité« , en indiquant que « le plus ahurissant était d’entendre des personnes sensées être dans une posture de conquête et d’exercice du pouvoir, réclamer au gouvernement l’arrêt de procédures pendantes devant les cours et tribunaux. C’est à se demander quelles relations cette race de ‘’politiciens’’ au pouvoir, vont entretenir avec la justice« .
Le 2ème Vice-Président du CNT n’exagère-t-il pas la part de responsabilité de la classe politique dans le retard sociopolitique et économique du pays ? On peut se le demander car, la classe politique n’a réellement pas eu l’occasion de diriger le pays depuis son indépendance le 2 octobre 1958. Le premier président guinéen, Sékou Touré, dès les premières semaines de l’accession du pays à la souveraineté internationale, a convaincu la classe politique à opter pour un gouvernement d’union nationale, avec la dissolution des autres formations politiques dans son parti, le PDG (Parti Démocratique de Guinée).
Les problèmes du pays ont commencé avec la naissance de ce Parti/État, propriété d’une personne et de son clan. Ils ont implanté un système sociopolitique de confiscation du pouvoir, comme cherche à le faire aujourd’hui le CNRD du Colonel Doumbouya avec l’appui d’organisations politiques et sociales marginales. Celles qu’un tamisage rigoureux de représentativité éliminerait facilement du paysage sociopolitique guinéen.

 

Colonel Mamadi Doumbouya recevant des Magistrats. Est-ce pour leur dire que les règles non écrites de subordination de la Justice à l’Exécutif ne vont pas changer ?

 

A ces organisations sociales, il faudrait déplorer le comportement de certains religieux et aînés, qui vont toujours du côté des faibles et opprimés pour parler de paix, de dialogue et de pardon, alors qu’ils auraient dû davantage se tourner vers les détenteurs du pouvoir, pour les inviter à respecter les lois du pays. Si cela avait été leur « boussole », la Guinée n’aurait pas été en retard. Ses institutions, du fait du respect des Lois, auraient été républicaines.
Ainsi, la Justice aurait dit le droit et les forces militaires et paramilitaires seraient républicaines plutôt qu’une milice au service du pouvoir. Des élections libres, inclusives auraient pu être organisées, comme celle de juin 2010, lors du premier tour de la présidentielle.
Le retard de la Guinée n’est imputable qu’à son administration, malade d’ethnocentrisme et de corruption, à ses forces militaires et paramilitaires au service du pouvoir, aux Juges qui n’osent pas dire le droit, aux religieux dont le message, du genre ‘c’est Dieu qui donne le pouvoir à qui il veut‘, ne favorise pas le jeu démocratique, qui met en compétition la classe politique.
C’est ce qu’il faut changer aujourd’hui, en commençant par l’élargissement du CNT pour favoriser un rééquilibrage de sa composition par la nomination de 68 nouveaux conseillers, tous désignés par le G58, le RPG a-e-c et ses alliés, chacun et ses forces sociales. Car, il est évident que sur les 81 membres du CNT actuel, les 75 qui ont voté en faveur du chronogramme d’une transition de 36 mois roulent pour le CNRD. En accordant 68 nouveaux conseillers au G58, au RPG a-e-c et ses alliés, chacun et ses forces sociales, cette majorité se réduirait pour devenir 71 contre 75 et 3 indépendants, dont Me Mohamed Traoré.

Mamadou S. Fadi DIALLO

(*) https://guinafnews.org/5564-2/

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