Contre La sansure

La Guinée, s’en sortira toujours tandis que des Guinéens sombreront, chaque fois : Ainsi va le pays !

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Par le passé déjà, l’espace public en Guinée n’était pas aussi sain que souhaitable et sacré comme ailleurs où l’on ne peut se permettre de se donner en spectacle ou de se transformer en calomniateurs salariés, sans soulever une levée de bouclier générale, heurter la conscience populaire.

Depuis un bon moment, c’est carrément, la dérive. il est regrettable de constater que le débat public est pollué par des déclarations et propos qui n’honorent pas leurs auteurs et discréditent toute la société. La morale ne retient pas, la Loi n’interdit pas. L’escalade est à son comble et l’excès bat son plein. Outrances et outrages se côtoient allègrement. L’Etat ne peut s’autoriser de faillir et de baisser la garde ainsi, même si certains des crimes sembleraient lui profiter ou ne pas lui nuire.

La société, non plus, n’a pas raison de capituler et de croiser les bras, en se dérobant à des responsabilités qui font appel à son courage et requièrent de sa part un sursaut salvateur. Et, pourtant, on en est arrivé à une situation de résignation de chacun et de démission de tous face à la défiance de certains d’entre nous et les offenses gratuites d’autres qui ont dépassé toutes les limites. Des compatriotes à nous que personne n’entendait et ne voyait avant dans l’arène publique, ont franchi le rubicon et brisé tous les tabous, convaincus de prendre leur revanche et décidés à solder de vieilles rancœurs.

Dans l’ivresse de la relation d’aujourd’hui avec le Prince et les privilèges du moment, on foule aux pieds des valeurs en partage, et rompt délibérément le contrat social. Pour défendre un camp, on bafoue l’autre, pour plaire aux tenants du pouvoir, on traîne dans la boue des icônes, indexe des communautés sans pour autant être rappelé à l’ordre. Au contraire, on parle et agit à sa guise, sans filtre, dans l’impunité totale. On profite de l’immunité garantie, et du silence coupable des élites politiques et intellectuelles, des autorités morales, coutumières, et religieuses, de notre pays, pour se rendre tristement célèbre. Et, le pire, on en tire une fierté et une satisfaction personnelle qui ne tiennent pas compte de la sensibilité publique ni des valeurs ancestrales. Jusqu’à quand et jusqu’où ? Aussi longtemps que les actes resteront impunis, que des individus sinistres se croiront au-dessus des lois, des mœurs permises, de la République, de leurs concitoyens. Pourront-ils continuer à courir ?

Le temps le dira, mais il este clair et certain que chacun finira bien par rendre des comptes à la justice ou devant l’histoire , parce que la conscience ne guide plus que peu de personnes, n’habite plus beaucoup dans la course effrénée au pouvoir et à l’argent. L’on a du mal à reconnaître la Guinée, plus de mal encore à réaliser ce que beaucoup sont devenus.
Le coup d’Etat du 5 septembre 2021 annoncé comme un acte de refondation pour qualifier chacun, améliorer tout dans le pays, sonne comme une longue récréation qui a fait sauter les digues les plus solides, repousser les limites de l’interdit.

Jamais, les artistes qui, d’habitude, essaient de concilier les intérêts et d’éviter les conflits, ne s’étaient mêlés autant de politique, n’étaient allés aussi loin dans le soutien à un régime et ne s’étaient montrés aussi clivants. Or, on le sait, tout ce qui est “excessif est insignifiant”, singulier ou éculé. Que deviendront-ils, après cette parenthèse, parce qu’il n’y a que le règne de Dieu qui soit éternel et la marche du temps qui est assurée d’une continuation, d’une continuité ?

En attendant, ils profèrent des injures publiques, scandent et vulgarisent des slogans dénués de sens et de morale, incitent à la haine et à l’exclusion, tout en encensant des actes discutables, et se confondant à des dirigeants idolâtrés par eux, passagers du temps et pauvres mortels comme eux.

D’autres aussi, citoyens et personnalités publiques et politiques, ne se contentent pas de défendre leurs choix et leurs convictions, mais, se plaisent à toiser, narguer, contrarier les aspirations populaires, à écraser les autres avec une certaine morgue et une pointe d’arrogance. Ils oublient que d’autres étaient là avant eux, d’autres viendront après eux. En fin de compte, personne ne pleurera leur sort ni ne les respectera. “Bon débarras”, hurlera la rue.

C’est dommage que par leurs propos qui, tôt ou tard, leur seront rappelés et leurs attitudes qui, infailliblement, les rattraperont, qu’ils évoluent en marge de l’histoire et de la société et insultent l’avenir.

Quand le moment de partir viendra, l’instant de la chute arrivera, les insouciants et empêcheurs de tourner rond, des temps présents, qui rament à contre-courant des valeurs et normes admises, de l’éthique publique, mesureront l’étendue de leus bêtises et l’ampleur des dégâts de leurs vanités.

Il ne faudra pas laisser croire après que c’était la faute aux autres ou à la tyrannie du chef.
Chacun est libre de ses choix et responsables de ses actes devant Dieu et le peuple. L’un châtie, l’autre bannit.

On n’est pas pressés.

L’édito de https://www.lerevelateur224.com/

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