Contre La sansure

La junte du Général Mamady Doumbouya dans l’impasse de la confiscation du pouvoir

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Depuis le 5 septembre 2021, la Guinée est prise en otage par un régime putschiste qui semble s’enliser dans une quête désespérée de perpétuation au pouvoir. Sous le vernis trompeur de slogans futuristes et de projets utopiques tels que《 Simandou Horizon 2040, cette junte, dirigée par le général Mamady Doumbouya, ne cache même plus ses véritables intentions : confisquer le pouvoir à tout prix, au mépris total des aspirations du peuple de Guinée et des engagements pris devant la communauté internationale.

En lieu et place d’une transition claire, respectant la feuille de route pour un retour rapide à l’ordre constitutionnel, le régime s’emploie à gagner du temps, multipliant les annonces creuses et les promesses qui n’engagent que ceux qui veulent encore y croire.

La charte de la transition, conçue pour guider le pays vers des élections nationales et rétablir la confiance avec les partenaires internationaux, n’est désormais plus qu’un chiffon de papier. Les échéances électorales, censées permettre à la Guinée de tourner la page de l’arbitraire et de renouer avec la légitimité institutionnelle, sont sans cesse repoussées, étouffées sous le poids d’un discours de plus en plus incohérent et déconnecté de la réalité. Ce régime putschiste se complaît dans une gestion opaque, accentuant chaque jour l’isolement diplomatique et la défiance économique du pays, tout en prétendant préparer un avenir radieux qui, soyons honnêtes, n’arrivera jamais sous sa gouverne.

Le général Mamady Doumbouya, dans sa quête de survie politique, se fourvoie. Il semble ignorer que son mandat est strictement limité, non par ses propres ambitions démesurées, mais par un contrat qu’il a signé avec le peuple de Guinée et la communauté internationale, en particulier la CEDEAO. Ce contrat prend fin le 31 décembre 2024.

Toute tentative de prolonger cette transition au-delà de cette date, sous prétexte de grands projets ou de fausses réformes, ne sera rien d’autre qu’une usurpation de pouvoir, un acte illégitime qui le privera de ce qui lui reste de crédibilité. L’histoire récente de l’Afrique nous enseigne que les dictateurs déguisés en sauveurs finissent toujours par tomber sous le poids de leurs mensonges et de leur arrogance.

Le général Doumbouya et sa clique doivent se rendre à l’évidence : la transition n’est pas un règne à vie déguisé. Le peuple n’a pas besoin d’une énième promesse de développement lointain. Il a besoin d’élections libres, de la fin de l’instabilité, et d’un gouvernement légitime qui œuvre réellement pour son bien-être. Il ne suffit pas de dresser des plans fantaisistes pour 2030 ou 2040 ; ce dont la Guinée a besoin, c’est d’un retour immédiat à la démocratie, avant qu’il ne soit trop tard.

Le général Mamady Doumbouya doit comprendre que le temps presse. Le 31 décembre 2024 est la dernière chance pour lui de quitter la scène avec un semblant de dignité. Passé ce délai, toute tentative de maintenir son emprise sur le pouvoir ne fera que confirmer sa nature de despote et précipiter sa chute. Il est temps pour lui de rendre le pouvoir, car la Guinée n’appartient ni à une junte, ni à un homme, mais à son peuple.

Abdoul Karim DIALLO

Citoyen guinéen

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