Contre La sansure

L’autopsie de l’autodestruction de la Presse Guinéenne, sponsorisée par le CNRD

0

Dans son plan de manipulation des consciences, les stratèges du CNRD ont méthodiquement tracé la destruction de la presse engagée. Mais pour réussir cette opération sans opposition frontale, sans éclaboussures, sans se salir les mains, ils ont trouvé une parade diabolique : sponsoriser les journalistes pour qu’ils s’autodétruisent. Des journalistes qui tuent le journalisme — voilà le drame que nous vivons.

Un, deux, trois… et c’est parti.
Découvrons ensemble la complicité éhontée d’une presse guinéenne qui, à force de compromissions, a fini par achever la liberté d’expression.

C’est avec un cœur meurtri que j’ouvre la boîte de Pandore d’un métier noble, celui-là même qui m’a vu naître, grandir, et me forger. Ma vie et l’écriture sont liées par un pacte invisible. Des salles de classe aux amphithéâtres, des bancs de l’université aux couloirs de l’Association des écrivains de Guinée, en passant par les tribunes de la presse indépendante, j’ai aimé ce métier comme on aime un être cher. Pendant plus de vingt ans, il a été ma boussole, mon arme, ma respiration.

Alors oui, dénoncer aujourd’hui mes propres frères de plume – ces hommes et femmes avec qui nous avons écrit les pages parfois glorieuses, parfois douloureuses, de la presse guinéenne – relève du supplice.

Mais le silence serait une trahison. Et l’époque que nous traversons ne pardonne plus les silences complices.

Mes confrères, jadis garants du sacro-saint principe de la liberté d’expression, ont troqué leur intégrité contre des liasses de billets.
Le CNRD est certes le cerveau de cette entreprise de désinformation et de peur.
Mais nous, journalistes, en sommes devenus les bras armés.

Car il n’y a pas de corrupteurs sans corrompus.

En ce mois dédié à la liberté de la presse, je choisis de briser le silence. Je dénonce, avec gravité et lucidité, la complaisance honteuse et la complicité active de l’élite de la presse guinéenne.

Ceux qui devaient incarner la vigilance sont devenus les relais d’un pouvoir oppresseur.
Ceux qui devaient porter haut la voix des sans-voix se contentent désormais de monnayer leur plume et de détourner le regard.

Guineefutur

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

× Comment puis-je vous aider ?