LE DOYEN BAH SALIM, OU LE SILENCE DES HÉRAUTS
Il y a des hommes qui, en marchant, creusent des sillons que les tempêtes ne parviennent jamais à effacer. Bah Salim est de ceux-là. Une figure, une sentinelle, un pilier debout au milieu des ruines, là où tant d’autres se sont effondrés pour une promesse, une place, un poste.
Avant les micros, avant les caméras, avant les tribunaux de l’histoire où les faussaires veulent s’asseoir à la table des pionniers, il y avait des hommes. Des bâtisseurs. Des éclaireurs. Bah Salim en est un.
Quand les colonnes de l’UFDG se dressaient sous les vents contraires, il était là. Quand Cellou Dalein Diallo fit son entrée dans la maison commune, il était là. Quand le doute s’installait, il tenait bon. Quand les opportunistes flairaient l’odeur d’un siège, lui n’avait que l’odeur de la loyauté en bandoulière.
Bah Salim n’est pas un militant de Facebook. Il n’est pas une légende d’écran. Il est une vérité vivante, une archive debout, un homme qu’aucune transition n’a pu acheter, ni faire taire. Il a traversé les décennies avec la même rectitude, la même flamme, la même fidélité à un combat : celui d’un parti fort, d’un leader légitime, d’un peuple debout.
Qu’on le sache : avant que des langues se délient pour réécrire l’histoire, Bah Salim était déjà là. Il installait, mobilisait, fortifiait. Il ne cherchait pas la lumière, mais il l’a portée pour que d’autres ne trébuchent pas dans l’ombre. Quand certains s’achètent des mythes à coups de slogans, lui a payé comptant avec des années de sacrifice.
Les témoignages sont nombreux, irréfutables, indélébiles : il a marché aux côtés de Ba Mamadou et Bah Oury. Il a accueilli Cellou Dalein Diallo, non comme un prince, mais comme un frère dans la maison de la résistance démocratique.
Et aujourd’hui, des voix sans mémoire veulent se faire passer pour des racines ?
Qu’on se taise, ou qu’on dise la vérité. Bah Salim est la mémoire !
Ceux qui prétendent avoir bâti là où ils n’ont jamais porté une seule pierre doivent s’incliner. Car tant que Bah Salim respire, l’histoire ne sera pas violée. Il est le regard sévère posé sur les imposteurs, la voix tranquille des justes, le souffle chaud d’un parti dont il est l’un des premiers poumons.
À vous, doyen Salim, l’hommage vibrant d’une génération. Que les traîtres s’excitent, que les arrivistes crient, que les carriéristes maquillent : vous êtes le mur qu’ils ne pourront jamais franchir. Et tant que vous serez debout, nous aussi, nous tiendrons la ligne.
Longue vie au doyen ! Que la lutte le célèbre avant que la tombe ne le sanctifie.
Alpha Issagha Diallo
Militant, témoin du réel
